PMA: Pourtant «mise en garde» par LREM, la députée Agnès Thill persiste et signe

RECIDIVE La députée de l'Oise a réagi aux propos de Marlène Schiappa sur les mères célibataires

Manon Aublanc

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Agnes Thill à l'Assemblée nationale, le 23 janvier 2019.
Agnes Thill à l'Assemblée nationale, le 23 janvier 2019. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Pourtant « mise en garde » par La République en marche, la semaine dernière, après avoir comparé les « femmes seules » qui veulent bénéficier de la procréation médicalement assistée (PMA) à des « droguées », la députée Agnès Thill a, une nouvelle fois, fait parler d’elle, ce mercredi, en réagissant aux propos de Marlène Schiappa sur les mères célibataires.

« Le grand débat a mis en lumière les difficultés des mères isolées. Il n’est pas juste que tant de femmes aient à assurer seules l’éducation de leurs enfants. L’État peut faire plus et mieux pour elles », avait tweeté Marlène Schiappa, la secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, lundi.

« Et on voudrait créer des conditions pour que des femmes, sans conditions de ressources, enfantent seules et vivent seules avec leur enfant grâce à la PMA pour toutes ? (…) Le tout remboursé par la sécurité sociale ? », s’est interrogée Agnès Thill dans un tweet, publié mardi, en réponse à la secrétaire d’Etat.

Elle retire « ses propos » mais maintient ses « positions »

Une nouvelle sortie de route qui intervient une semaine après son audition par la commission des conflits de La République en marche. La députée, qui a écopé d’une simple « mise en garde », était entendue après avoir comparé les « femmes seules » qui souffrent de ne pas avoir d’enfant et veulent bénéficier de la PMA à des « droguées ». Elle avait alors « retiré » ses propos ayant pu « blesser », tout en maintenant ses « positions ».

En janvier dernier, à l’occasion de la publication du rapport de la mission parlementaire sur la bioéthique, Agnès Thill avait également déclaré que « l’absence de genre dans le mot parent favorise l’éclosion d’écoles coraniques ». Elle avait aussi été mise en garde par son parti, après des propos concernant un supposé « lobby LGBT à l’Assemblée nationale ». En novembre dernier, LREM avait envoyé une lettre à la députée, la mettant en garde une « dernière » fois « contre les excès » de ses « prises de position publiques ».

Agnès Thill menace de déposer plainte en cas de « nouvelle attaque » de ses collègues

Dans un communiqué publié au lendemain de son audition, Agnès Thill avait expliqué qu’elle « se réjoui (ssait) de demeurer membre du mouvement LaREM, dont (elle) partage et adhère à toutes les valeurs ». « Je me suis engagée à faire attention à mes propos », avait-elle précisé, se félicitant de n’avoir été « reconnu(e) » « ni homophobe, ni islamophobe ».

Dans un courrier envoyé à son président de groupe Gilles Le Gendre, elle demandait désormais « un débat apaisé et serein », prévenant qu’elle déposerait plainte en cas de « nouvelle attaque » de la part de ses collègues, notamment sur sa vie privée et sa religion catholique.