Européennes: «Nous c'est l'écologie de gauche»... Benoît Hamon présente les trente premiers noms de sa liste

ELECTION Benoît Hamon a également regretté l’absence de réponse de la gauche, après son appel à une primaire citoyenne

20 Minutes avec AFP

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Benoît Hamon, le 2 décembre 2017 lors d'un meeting au Mans.
Benoît Hamon, le 2 décembre 2017 lors d'un meeting au Mans. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Benoît Hamon se lance dans les européennes. Le fondateur de Générations a présenté ce mardi l’équipe qui va l’accompagner sur une liste « écologiste de gauche » et « fédéraliste ». Le candidat malheureux à la présidentielle a toutefois regretté le refus opposé par les autres formations de gauche à sa proposition de votation citoyenne.

Les 30 premiers noms de la liste dévoilée, sans les positions, par l’ancien candidat PS à la présidentielle comprennent des cadres de Génération-s comme Aurore Lalucq et l’eurodéputé sortant Guillaume Balas, mais aussi des figures de la société civile. Parmi elles, Salah Amokrane, militant contre les discriminations qui avait conduit la liste citoyenne « Motivé-e-s » initiée par le groupe Zebda en 2001 à Toulouse ou encore Françoise Sivignon, ancienne présidente de Médecins du monde en France. Sarah Soilihi, militante dans les quartiers populaires de Marseille et championne du monde de kick-boxing en 2015, qui avait claqué la porte de La France insoumise en 2018, figurera également « haut » sur la liste.

Un référendum contre l’ultralibéralisme

Interrogé sur ce qui singularisait à gauche la liste de Génération-s, Benoît Hamon a d’abord taclé implicitement la stratégie choisie par Yannick Jadot et EELV, qui se présenteront autonomes : « Nous ne sommes pas dans un programme "Ni de droite ni de gauche", nous c’est l’écologie de gauche. »

Il s’est démarqué aussi de LFI, se déclarant « fédéraliste ». « Nous ne sommes pas dans un souverainisme qui se placerait au-dessus du clivage droite-gauche, nous considérons au contraire que l’Europe nous donne une liberté d’agir et que c’est à cette échelle-là que nous trouverons les moyens pour résoudre les problèmes. » « S’il fallait faire un référendum aujourd’hui ce serait contre l’ultralibéralisme », a aussi dit Sarah Soilihi, dans une allusion au « référendum anti-Macron » voulu par Jean-Luc Mélenchon.

Une gauche désunie sous la barre des 10 %

Benoît Hamon a regretté qu’EELV, Place publique, le PS et le PCF aient « de manière pavlovienne » refusé de participer à la votation citoyenne qu’il proposait, sorte de primaire de gauche pour composer une liste d’union. Cela « persiste à maintenir en dehors les citoyens qui veulent participer au processus de délibération politique ».

« Au moment des "gilets jaunes" », « c’est fini l’entre-soi, les petites réunions entre gens bien nés », a-t-il tonné, estimant : « Notre liste est celle où les dirigeants ne sont pas seuls » à décider. Benoît Hamon s’est montré confiant face aux sondages qui lui attribuent pour l’instant entre 2 et 5 % des voix : « Nous progressons et en politique, ce sont les dynamiques qui sont crédibles. »

La gauche est partie pour se présenter désunie au scrutin de mai, et aucune liste ne dépasse avec constance dans les enquêtes la barre des 10 %.