Grand débat national: «Je ne sais pas ce qui m'attend»... Les jeunes du Refuge de Nice face à la ministre Emmanuelle Wargon

GRAND DEBAT Âgés de 18 à 25 ans, ils ont évoqué les sujets de logement, immigration, mobilité, emploi et discriminations par le prisme de ces jeunes aux parcours de vie chahutés

Mathilde Frénois
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Les jeunes du Refuge ont participé au Grand Débat à Nice avec la secrétaire d'Etat Emmanuelle Wargon.
Les jeunes du Refuge ont participé au Grand Débat à Nice avec la secrétaire d'Etat Emmanuelle Wargon. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

Bien évidemment, il y a eu les moments d’hésitation. Les montées de stress et les tutoiements intempestifs. Mais les jeunes du Refuge de Nice ont réussi à faire entendre leur voix, de leurs inquiétudes d’aujourd’hui à leur concept de société pour demain. Lundi soir, vingt d’entre eux, âgés de 18 à 25 ans, participaient au grand débat national animé par la secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, Emmanuelle Wargon.

Les jeunes, grands absents du grand débat national ? C’est la réflexion qui ressort des réunions organisées dans les Alpes-Maritimes. « Il y a ceux qui pousseront la porte d’une mairie. Et ceux qui ne vont pas le faire parce qu’ils diront : "ce n’est pas pour moi" Ce n’est pas vrai, affirme d’emblée Emmanuelle Wargon. Votre parole est importante. » Logement, immigration, mobilité, emploi, discriminations… tous les sujets sont abordés par le prisme de ces jeunes aux conditions particulières : le Refuge héberge et apporte un accompagnement psychologique et social à des jeunes victimes d’homophobie et de transphobie. Ce lundi, ils sont venus de Montpellier, de Marseille et d’Avignon pour se faire entendre.

Demande d’asile et accès à la location

Alassane prend la parole. Cet Ivoirien arrivé en France il y a six mois propose le droit de travailler pendant la période d’examen d’une demande d’asile, situation qu’il vit actuellement. « Je ne me sens pas bien car je ne sais pas ce qui m’attend, explique-t-il. Je suis inquiet. » La secrétaire d’Etat répond : « C’est quelque chose qu’on devrait évaluer et peut-être expérimenter. C’est un moment où on ne peut rien construire, on ne peut pas s’engager, dit-elle. Cette situation de blocage complet, c’est du gaspillage. Il faut que les dossiers soient traités vite. »

Juste avant, Evan a évoqué la problématique des garants lors de la location d’un bien, Anthony celui des logements vacants, Ahmed les lourdes garanties demandées par les propriétaires, Jean le manque d’aides financières publiques accordées aux jeunes. « C’est important que la nouvelle génération apporte ses idées pour que les choses bougent, estime ce Perpignanais de 21 ans. De manière générale, je ne m’intéresse pas du tout à la politique. On est un peu déconnectés de cette réalité. Là, ça nous permet d’approcher ce monde. », Emmanuelle Wargon a donné ses conseils pour avoir accès à la garantie jeune, Jean s’est « senti écouté ».

« Une main tendue et nous l’avons saisie »

Après les questions de politiques générales viennent les cas particuliers. « Très stressé », Florian relate qu’il a opté pour le permis à un euro. Aujourd’hui loin du foyer familial, il a 500 euros d’impayés et frôle l’interdit bancaire. « Je cherche du travail pour rembourser mais c’est difficile », expose-t-il. La secrétaire d’Etat donnera les coordonnées de son cabinet pour régler la situation. Florian quittera la salle commune du Refuge un peu plus léger.

« De manière générale, il est important pour la jeunesse de s’exprimer sur la société et la politique publique, pointe Lucas La Rosa, délégué adjoint 06 de l'association. C’est une main tendue et nous l’avons saisie. » Toutes les remarques et propositions des jeunes du Refuge, Emmanuelle Wargon les fera remonter aux ministres concernés. Et les intégrera au rapport du grand débat.