Plus de 3.800 civils tués en 2018 en Afghanistan, selon un rapport de l'ONU

CONFLIT L'année 2018 a été particulièrement meurtrière dans le pays 

20 Minutes avec AFP

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Richard Benett, chef de la mission de l'ONU Afghanistan tient le rapport onusien, ce dimanche 24 février à Kaboul, en Afghanistan.
Richard Benett, chef de la mission de l'ONU Afghanistan tient le rapport onusien, ce dimanche 24 février à Kaboul, en Afghanistan. — WAKIL KOHSAR / AFP

Jamais les civils n’avaient payé un si lourd tribut au cours d’une année civile en Afghanistan. Un rapport de l’ONU publié ce dimanche révèle que 3.804 civils ont trouvé la mort en 2018. La plupart sont imputables aux groupes insurgés des talibans et de l’Etat islamique, poursuit ce même rapport.

Selon la Mission de l’ONU en Afghanistan (MANUA) et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, ces décès sont en augmentation de 11 % par rapport à 2017. Depuis 2014, au moins 3.500 civils meurent chaque année des conséquences de la guerre en Afghanistan. En dix années de recensement des victimes civiles du conflit, les Nations Unies ont dénombré 32.000 morts et 60.000 blessés.

Les enfants également touchés

Le nombre d’enfants tués a également atteint un record en 2018 (927, contre 826 en 2017 et 926 en 2016). Plus de 7.000 blessés ont été comptabilisés, soit un niveau équivalent à ces quatre dernières années.

Selon l’ONU, les facteurs clés qui ont contribué à cette augmentation significative du nombre de décès sont le « ciblage délibéré des civils » lors d’attaques-suicides menées par les groupes insurgés ainsi que les bombardements aériens et les combats au sol opérés par les forces pro-gouvernementales. Ainsi, si 63 % des morts et blessés sont imputés aux groupes rebelles (37 % aux talibans, 20 % à l’EI et 6 % à d’autres groupes), 24 % sont des victimes collatérales des forces pro-gouvernementales (14 % des forces armées afghanes et 6 % de la coalition internationale).

Les bombardements aériens particulièrement redoutables

« C’est la première fois que les opérations aériennes se traduisent par la mort de plus de 500 civils », note le rapport, attribuant 393 décès à la coalition internationale de l’Otan et 118 à l’armée de l’air afghane. Pour la seule année 2018, « à peu près le même nombre de civils sont morts des suites de bombardements que les années 2014, 2015 et 2016 combinées », note l’ONU.

L’aviation américaine, qui soutient l’armée de l’air afghane, a considérablement intensifié ses frappes aériennes en 2018. Selon le Centre de commandement de l’US Air force, 7.362 missiles et drones ont visé les positions ennemies, soit près du double de l’année précédente, déjà record.