VIDEO. Affaire Benalla: La majorité fustige la «torpille politique» de la commission d'enquête sénatoriale

REACTIONS Après huit mois d'enquête, la commission du Sénat a rendu ses conclusions, ce mercredi, pointant notamment du doigt une série de « dysfonctionnements majeurs » à l’Elysée

20 Minutes avec AFP

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La commission d'enquête réunie à l'Assemblée dans le cadre de l'affaire Benalla.
La commission d'enquête réunie à l'Assemblée dans le cadre de l'affaire Benalla. — ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA

Lors de la présentation de ses conclusions sur l'affaire Benalla, ce mercredi, la commission d'enquête sénatoriale a dénoncé une série de « dysfonctionnements majeurs » à l’Elysée. La majorité n'a pas tardé à réagir, ce jeudi, fustigeant la «torpille politique» lancée par les sénateurs et leur «délectation» à mettre en cause la présidence.

Les sénateurs ont agi «de façon totalement orientée politiquement (...) Ce rapport, c'est une sorte de torpille politique qui était fomentée par les sénateurs LR, socialistes», a accusé Stanislas Guerini, le délégué général de La République en marche, au micro de Radio Classique. «Il est fait pour abîmer l'Élysée (...) Je crois que c'est un jeu dangereux dans le moment que nous vivons dans notre démocratie que de jouer à ce petit jeu-là politique», a-t-il ajouté.

«Etablir les faits, ce n'est pas le rôle de la commission, c'est le rôle de la justice»

Pour le ministre chargé des Relations avec le parlement Marc Fesneau aussi, la commission pose «manifestement un regard politique sur le fonctionnement de l'Elysée». Les sénateurs ont émis «des hypothèses sans apporter la preuve de quoi que ce soit», a-t-il dénoncé sur Public Sénat, et «établir les faits, ce n'est pas le rôle de la commission, c'est le rôle de la justice».

François Bayrou, le président du MoDem, partenaire de la majorité présidentielle, s'est lui aussi montré critique sur BFMTV: «Quand il y a des contre-pouvoirs, il arrive très souvent que les contre-pouvoirs soient plus contre que pouvoirs, qu'ils soient par définition une contestation du pouvoir, et au Sénat c'est évidemment le cas par nature» puisque la majorité de cette chambre, de droite, et l'opposition, de gauche, «sont deux oppositions au président de la République», a-t-il argumenté.

L'affaire Benalla n'est «pas une affaire d'Etat», estime François Bayrou 

«De ce point de vue-là, il y a une certaine délectation à pointer du doigt» d'éventuelles dérives à l'Elysée, a-t-il relevé, en rappelant la nécessité de respecter le principe de «séparation des pouvoirs». François Bayrou a en outre défendu le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, le secrétaire général de l'Elysée et le chef du groupe de sécurité de la présidence, mis en cause par le rapport sénatorial, «de grands serviteurs de l'Etat et que jamais je n'ai vu s'exposer (...) au moindre manquement».

Alexandre Benalla est, lui, simplement «un jeune homme fasciné comme tant d'autres par les services de sécurité» et à qui «la toute-puissance en France de la présidence de la République» est «montée à la tête», a-t-il estimé, en répétant que l'affaire n'est «pas une affaire d'Etat». Il a néanmoins jugé que «le pouvoir» devait néanmoins être attentif à «ce qui doit être corrigé dans la manière dont sont organisées les institutions et leurs pratiques».