«Gilets jaunes»: Le débat sur l'usage des LBD s'invite au Parlement européen

SOCIETE Le texte ne cible pas un Etat membre en particulier

20 Minutes avec AFP

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Des membres du parlement européen à Strasbourg, le 13 juin 2018.
Des membres du parlement européen à Strasbourg, le 13 juin 2018. — FREDERICK FLORIN / AFP

Les députés européens ont condamné ce jeudi l’usage « disproportionné » de la force par la police dans les manifestations, une résolution inspirée par le débat français sur le recours aux lanceurs de balles de défense (LBD) au cours des manifestations des « gilets jaunes ». Dans cette résolution, votée par 438 voix pour, 78 contre et 87 abstentions, les députés ont « dénoncé le recours à des interventions violentes et disproportionnées de la part des autorités publiques lors de protestations et de manifestations pacifiques ».

Le texte ne cible pas un Etat membre en particulier mais a donné lieu en préambule dans l’hémicycle strasbourgeois à un débat animé auquel ont pris part plusieurs eurodéputés français.

Yannick Jadot dénonce l’usage des LBD

Le débat, demandé par une coalition regroupant l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S & D), les Verts et la GUE (Gauche unitaire européenne), avait été lundi soir dominé en partie par la situation en France avec les manifestations des « gilets jaunes », même s’il fait référence à d’autres pays (Roumanie, Espagne, Hongrie, Grèce).

L’élu du parti français Les Républicains Renaud Muselier a comparé Emmanuel Macron à « Jupiter revenu sur terre », lui reprochant des concessions aux « gilets jaunes », « au détriment des règles budgétaires européennes ».

De son côté, l’eurodéputé écologiste français Yannick Jadot a dénoncé l’usage des lanceurs de balles de défense. « Il n’y a qu’en France, en Pologne et en Grèce qu’il y a un usage sans limite de ces instruments qui (…), selon les équipes médicales, causent des blessures de guerre », a-t-il déclaré.

Le « recours à certains types d’armes à létalité réduite » condamné

Le président des Patriotes Florian Philippot s’est présenté dans l’hémicycle en gilet jaune, la main sur un oeil pour symboliser les blessés au cours des manifestations, et a dénoncé « un pouvoir aux abois (qui) donne des ordres délirants, irresponsables, insensés contre sa propre population ».

« Je m’inquiète pour mon pays, je m’inquiète pour les libertés en France et je m’inquiète du basculement autoritaire du président Macron », a lancé Younous Omarjee, de La France Insoumise (GUE).

A l’issue du vote, son groupe politique a regretté que les eurodéputés n’aient pas appelé à l’interdiction des LBD. La socialiste française Sylvie Guillaume a aussi jugé « inacceptable » que cette interdiction « ne figure pas dans la » résolution du Parlement car la droite européenne s’y est opposée !".

La résolution « condamne le recours à certains types d’armes à létalité réduite », dont les « projectiles à impact cinétique » (dont font partie les LBD).

Pour les eurodéputés français de Generation. s (groupe S & D), « le Président de la République française doit entendre l’alerte du Parlement européen et revoir sa politique de maintien de l’ordre, qui conduit à une surenchère de violence ».