VIDEO. Bordeaux: «Son émotion est contagieuse», les élus réagissent au départ d'Alain Juppé

POLITIQUE Emus pour la plupart, ils ne veulent pas se prononcer sur sa succession pour l’instant…

Clément Carpentier

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Alain Juppé salue ses collaborateurs aux côtés de Nicolas Florian, l'un de ses adjoints (à droite). Lancer le diaporama
Alain Juppé salue ses collaborateurs aux côtés de Nicolas Florian, l'un de ses adjoints (à droite). — GEORGES GOBET / AFP
  • Alain Juppé va quitter la mairie de Bordeaux pour rejoindre le Conseil constitutionnel.
  • Les élus de la maire et de la métropole réagissent à son départ « soudain ».
  • Pour le moment, pas question de faire de pronostics sur la suite.

Les yeux brillent dans les salons de la mairie de Bordeaux. Comme Alain Juppé lors de son discours, certains élus notamment de la majorité ont du mal à retenir leurs larmes. L’émotion est vive pour Nicolas Florian, l’un de ses principaux adjoints : « Moi à titre personnel, Juppé c’est un père ! Il m’a tout appris. Son émotion est contagieuse​. Regardez ce qu’il se passe derrière vous… », alors que des applaudissements raccompagnent le maire de Bordeaux vers ses bureaux.

Ce « moment très émouvant », comme le décrit un autre adjoint, n’a pas laissé insensible non plus ses fidèles opposants à l’image de Pierre Hurmic, président du groupe EELV à la mairie de Bordeaux : « J’ai trouvé son discours digne, il a un vrai attachement à la ville. Je suis aussi ému, après 20 ans de compagnonnage. Il y a eu des frictions mais nous avions une relation de respect. » De son côté, Christophe Duprat, vice-président de la métropole, « a surtout mieux compris aujourd’hui pourquoi Alain Juppé rejoignait le Conseil constitutionnel même si je souhaitais qu’il reste. »

Comprendre son départ

L’ancien Premier ministre ne voulait pas faire le mandat de trop et il ne supporte plus le climat nauséabond autour des élus. C’est en tout cas ce qu’il a dit. En revanche, il n’a rien dit sur sa succession que ce soit à la mairie ou à la Métropole de Bordeaux dont il est le président pour encore quelques jours. « La vie continue et d’autres aventures vont s’ouvrir à nous. Il faut rester soudés car il y a des échéances municipales », rappelle l’élu métropolitain de Saint-Aubin-de-Médoc.

« Je pense qu’il y a deux temps très différent. Le premier est de continuer à faire marcher la boutique pendant un an. Le second est le projet pour 2020 et avec qui ? » pour Jean-Louis David, adjoint au maire chargé de la vie urbaine et de la coordination de la politique de proximité. A court terme, les élus de la mairie puis de la métropole se réuniront samedi matin pour envisager la suite mais difficile d’en savoir plus après « ce départ soudain » souligne Pierre Hurmic.

« Ceux qui parlent de second couteau sont des mecs de cuillère en bois »

Nicolas Florian, l’un des adjoints pressentis pour remplacer Alain Juppé « n’a rien à ajouter. On est une équipe. On aura besoin d’un collectif. Il faudra plusieurs demi-Florian ou demi-Robert [Fabien Robert, adjoint à la Culture] pour faire un Juppé. » « J’espère que tout le monde pourra dire ce qu’il a à dire en toute franchise lors de cette réunion. Il y a en dans l’équipe municipale, contrairement à ce que certains opposants laissent entendre, des quantités d’élus de grande qualité. Ceux qui parlent de second couteau sont des mecs de cuillère en bois », prévient, lui, Jean-Louis David.

Patience donc alors que certains journalistes envisagent déjà le « parachutage » d’Edouard Philippe à Bordeaux lors de la prochaine élection municipale en 2020 : « J’en ai vu d’autres alors pourquoi pas. En politique, il peut tout se passer », Jean-Louis David en a encore eu la preuve avec Alain Juppé.