Démission d'Alain Juppé: «Il laissait croire malicieusement qu'il allait se représenter»

POLITIQUE L’adjoint au tourisme d’Alain Juppé, Stephan Delaux, confie à « 20 Minutes » ses premières réactions au départ du maire de Bordeaux

Mickaël Bosredon

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Alain Juppé, le 9 septembre 2018 à Bordeaux.
Alain Juppé, le 9 septembre 2018 à Bordeaux. — M.Bosredon/20Minutes
  • Nommé au Conseil constitutionnel, Alain Juppé va quitter sa mairie de Bordeaux.
  • Son adjoint au tourisme, un de ses proches, réagit à cette annonce qu’il qualifie de « choc. »
  • Son ancien adversaire aux municipales Vincent Feltesse estime que sa nomination est une bonne chose.
  • Pour La République en marche, « c’est un séisme dans la politique locale. »

« Une surprise » et même « un choc ». Contacté par 20 Minutes, l’adjoint au tourisme à la mairie de Bordeaux Stephan Delaux a confié sa stupéfaction à l'annonce mercredi de la démission d'Alain Juppé de la mairie de Bordeaux. Alain Juppé va en effet être nommé au Conseil constitutionnel, et abandonne sa mairie.

« Oui, c’est un choc, surtout pour moi qui ai passé vingt-quatre ans en tant qu’adjoint à ses côtés ! Son départ est quelque chose qui me touche profondément » poursuit Stephan Delaux. L’adjoint assure n’avoir « rien senti venir. » « J’avais le sentiment qu’il réfléchissait à savoir s’il repartirait ou pas pour les prochaines municipales de 2020. On avait même plutôt le sentiment qu'il préparait une candidature, il laissait en tout cas croire malicieusement qu’il allait se représenter. Moi-même je penchais pour cette option. Pour la suite, je ne sais pas ce qu’il va se passer. Attendons de voir ce qu’il va nous dire… »

« Il est très différent de ce que les gens peuvent imaginer »

Sa première rencontre avec Alain Juppé, « c’est lorsque lui et Jacques Valade ont décidé de fusionner leurs listes pour la campagne des municipales de 1995. Il a proposé de me prendre, et m’a confié la délégation à l’éducation. Pour les mandats suivants, j’ai occupé celle au tourisme. C’est une grande confiance qu’il m’a accordée. »

Pour Stephan Delaux, « Alain Juppé c’est un homme d’Etat, et pour Bordeaux il a été un visionnaire, qui a eu le courage de mener son projet jusqu’au bout. Et puis, il y a Alain Juppé l’homme. Il est très différent de ce que les gens peuvent imaginer : sensible, attentif aux autres, avec de grandes qualités humaines. Je comprends qu’il renvoie parfois l’image d’un homme un peu froid, mais c’est difficile de faire de la politique sans être dur, et il faut prendre des décisions. En tout cas il a eu des résultats. Et ça ne l’empêche pas d’avoir parfois une sensibilité à fleur de peau. »

« Sa carrière a été marquée par des épreuves parfois difficiles »

Mercredi soir, son dernier adversaire aux municipales, Vincent Feltesse, a réagi lui aussi. « Comme toutes les bordelaises et les bordelais j’ai été surpris par la décision d’Alain Juppé. Cependant Alain Juppé est un homme d’Etat et dans le moment particulier que nous vivons en France, sa nomination est une bonne chose pour le conseil constitutionnel et la République française. Pendant sept mois nous nous sommes affrontés lors de la dernière élection municipale, mais surtout pendant sept ans nous avons travaillé ensemble à la tête de la communauté urbaine de Bordeaux. Nous l’avons fait avec efficacité et parfois même avec complicité. »

Le référent départemental de La République en marche en Gironde, Aziz Skalli, a souligné pour sa part qu’Alain Juppé a « développé la métropole de Bordeaux parmi les agglomérations les plus dynamiques de France ».

« Sa carrière a été marquée par des épreuves parfois difficiles, rappelle-t-il, dont il a toujours su trouver l’issue, en gardant pour seule visée : la protection des intérêts des Français. Cette nomination, qui provoque aujourd’hui un séisme dans la politique locale, doit aussi ouvrir une nouvelle page et offrir une vision nouvelle dans la vie des Bordelaises et des Bordelais. »