A Nice, les liens franco-italiens résistent aux «chamailleries»

CRISE Près de la frontière, les tensions entre les deux pays agacent mais n’affectent pas une « amitié solide »

Fabien Binacchi

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Matteo Salvini sur un plateau télé en Italie, le 9 décembre 2018.
Matteo Salvini sur un plateau télé en Italie, le 9 décembre 2018. — SIPA
  • La tension entre Paris et Rome est montée d’un cran avec le rappel de l’ambassadeur français en Italie.
  • Dans les Alpes-Maritimes, près de la frontière, des maires ont hissé un drapeau italien pour montrer leur amitié.
  • Des Italiens installés à Nice regrettent « l’amateurisme » et les « chamailleries » des deux gouvernements mais ne craignent pas pour « l’amitié solide » qui existe localement entre les deux peuples.

Séparés par une frontière, mais éloignés de quelques dizaines de kilomètres seulement. Et « amis » de (très) longue date. Ces derniers jours, les élus français de Breil-sur-Roya,Saorge et La Brigue ont répondu à la main tendue de leurs homologues italiens de Cunéo et Impéria. Tous ont hissé sur le fronton de leur mairie le drapeau du pays voisin.

« Un geste d’amitié envers les cousins français », lancé en premier par Federico Borgna, le maire de Cunéo, alors que la tension autour de la crise franco-italienne montait encore d’un cran.

« Des crises aiguës jusqu’aux Européennes »

A Nice, la situation « exaspère » Bruno Capaldi. Ce retraité, ancien représentant en France du conseil général des Italiens de l’étranger, est « très en colère », « fatigué par l’amateurisme de ceux qui nous gouvernent ». « Quand je retourne en Italie, je me rends compte que les mentalités ont changé. Mais la France doit aussi balayer devant sa porte », commente cet observateur.

Selon lui, l’amitié franco-italienne, « solide sur la Côte d’Azur » ne devrait quand même pas trop pâtir de la situation, qui devrait « perdurer jusqu’aux élections européennes ». « Tout ça est évidemment politique. Chacun va continuer à jouer sa partition, il va y avoir des crises aiguës », prédit-il.

« Un problème pour l’image que ça renvoie »

Mais pas de quoi bouleverser l’économie, au moins à court terme, juge Agostino Pesce, le directeur de la Chambre de commerce italienne à Nice. « C’est du cinéma, des chamailleries de cours d’école, mais il est vrai que c’est un problème pour l’image que ça renvoie », avance le responsable.

Vendredi, l’organisme devrait être représenté au « moment de communion » transfrontalier organisé par Christian Estrosi. A l’invitation du maire de Nice, des responsables politiques, économiques ou encore culturels des deux pays devraient se rassembler sur la place Garibaldi. Pour l’instant, les maires de Cunéo, Impéria, Sanremo ou encore Vintimille ont répondu présent, indiquait-on mardi soir du côté de la municipalité.