Le grand débat national est «une campagne électorale déguisée» selon un député européen

ELECTON Philippe Juvin a saisi la Commission nationale des comptes de campagne

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron lors d'un débat organisé à Etang-sur-Arroux, le 7 février 2019.
Emmanuel Macron lors d'un débat organisé à Etang-sur-Arroux, le 7 février 2019. — Liewig Christian-POOL/SIPA

Le député européen LR Philippe Juvin a indiqué samedi avoir saisi la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), pour dénoncer dans le grand débat « une campagne électorale déguisée » de LREM, en vue des européennes.

Philippe Juvin affirme dans un communiqué avoir demandé au président de la CNCCFP « d’intégrer » dans les comptes de campagne des élections européennes de LREM « les moyens alloués à une réunion publique de Madame Agnès Buzyn », ministre de la Santé. Lors de cette réunion, dimanche dernier à Trappes (Yvelines), la ministre aurait tenu « des propos militants sans équivoque en faveur de LREM en vue des élections européennes » du 26 mai, estime celui qui est aussi maire de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine).

Des « one man shows successifs »

« Ce grand débat national, initié par le président de la République pour répondre à une crise sans précédent liée à des choix politiques et économiques illisibles et injustes, ne peut en aucun cas être une campagne électorale déguisée », ajoute le président de la Fédération LR des Hauts-de-Seine.

« Voilà maintenant près de trois semaines que nous assistons à ce qui s’apparente davantage à une campagne électorale plutôt qu’à des échanges avec les Français », a renchéri la députée de l’Assemblée nationale Valérie Boyer, dans un courrier au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), transmis à l’AFP. Elle y énumère les heures de réunions publiques « animées par le chef de l’État » et diffusées à la télévision qui « satur(ent) » l’espace politique et médiatique, selon elle.

Fin janvier, Les Républicains avaient déjà interpellé le CSA au sujet des « one-man-show successifs » d’Emmanuel Macron dans le cadre du grand débat, en demandant à l’instance régulatrice de « veiller scrupuleusement » à ce que « l’équilibre des temps de parole soit respecté ». Un député LFI, Michel Larive, avait fait la même demande.