Le père d'une victime de Merah demande à Emmanuel Macron de refuser le retour des djihadistes

TERRORISME Il note que certains djihadistes concernés ont aidé directement l'assassin de son fils

B.C. avec AFP

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Emmanuel Macron, le 1er février 2019 à l'Elysée.
Emmanuel Macron, le 1er février 2019 à l'Elysée. — WITT/SIPA

Albert Chennouf-Meyer, père d’une des sept personnes tuées par le djihadiste toulousain Mohammed Merah en 2012, demande au président Emmanuel Macron d’empêcher le rapatriement des Français retenus par les forces kurdes en Syrie, dans une lettre ouverte consultée samedi par l’AFP.

« Monsieur le Président, vous allez dans les semaines à venir (…) faire revenir 130 djihadistes français, dont une partie a les mains rouges du sang de nos enfants. Je tiens à m’élever de toutes mes forces contre cette criminelle décision », écrit notamment Albert Chennouf-Meyer, dans cette lettre qu’il dit avoir postée samedi sur le site internet de la Présidence.

Un réseau d’aide à Merah

« Je vous demande solennellement de surseoir à cette décision, voire de refuser leur retour et (de) les confier à la Syrie », poursuit-il, estimant que le « devoir premier » du président est de « protéger le peuple ». Les 11 et 15 mars 2012, Mohammed Merah avait tué par balles trois militaires à Toulouse et à Montauban, dont le fils d’Albert Chennouf-Meyer, Abel, 25 ans. Puis il avait tué, le 19 mars, trois enfants et un enseignant dans un collège juif de Toulouse.

« Vous n’êtes pas sans savoir que, parmi les islamistes de retour, il y a des individus qui ont contribué à aider le terroriste musulman Mohammed Merah », rappelle Albert Chennouf-Meyer, qui cite « plus particulièrement » le cas de Quentin Le Brun. Ce jeune Tarnais, parti en 2014 en Syrie, est considéré comme un propagandiste de Daesh, selon les enquêteurs. Pour la justice française, il était proche de la nébuleuse djihadiste toulousaine dans laquelle ont gravité Mohammed Merah et les frères Clain, les « voix » de la revendication des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, fomentés par Daesh.

L’épineux dossier du retour des Français retenus par les forces kurdes en Syrie a resurgi avec l’annonce du retrait américain de la zone. Malgré sa réticence initiale, Paris semble désormais résolu à envisager ces retours, plutôt que de les voir s’évanouir dans la nature. Plusieurs sources évoquent le cas de 130 personnes, dont une cinquantaine d’hommes et femmes et des dizaines d’enfants.