Grand débat national: Comment seront organisées les conférences de citoyens tirés au sort?

CONSULTATION Des citoyens tirés au sort vont être contactés par téléphone et invités à des conférences régionales dans le cadre du «grand débat national»

L.C.
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Emmanuel Macron lors d'un débat organisé à Etang-sur-Arroux, le 7 février 2019.
Emmanuel Macron lors d'un débat organisé à Etang-sur-Arroux, le 7 février 2019. — Liewig Christian-POOL/SIPA
  • Dans le cadre du « grand débat national », le gouvernement veut organiser des conférences dans chacune des 18 régions de France.
  • Ces assemblées réuniront cent Français tirés au sort par téléphone, qui devront être représentatifs de la population française.
  • Une 19e conférence réunira exclusivement des jeunes de 16 à 25 ans, une partie de la population que l’exécutif peine à mobiliser à ce stade.

Comment mobiliser les Français pendant les deux mois du « grand débat national » ? L’exécutif a décidé d’avoir recours au tirage au sort, selon des modalités détaillées jeudi par Emmanuelle Wargon, la secrétaire d’Etat chargée d’animer la consultation, avec Sébastien Lecornu. Mais comment les Français seront-ils tirés au sort et à quoi serviront ces conférences ? 20 Minutes fait le point.

De quoi s’agit-il ?

Le gouvernement a baptisé cela les « conférences citoyennes régionales ». Il compte réunir 100 citoyens tirés au sort dans chacune des 18 régions françaises. Une 19e conférence, « transversale », rassemblera « uniquement des jeunes », a détaillé jeudi Emmanuelle Wargon sur RTL.

Ces propositions faisaient déjà partie des préconisations de la Commission nationale du débat public (CNDP), initialement chargée de préparer le « grand débat » (dans son rapport, page 19). Edouard Philippe avait annoncé début janvier que l’exécutif retenait cette proposition. Mais le déroulé précis est encore flou, le Premier ministre ayant seulement précisé que les participants pourront « donner leur avis sur ce qu’ils ont entendu » durant la consultation nationale.

Comment serez-vous tiré(e) au sort ?

Emmanuelle Wargon a indiqué jeudi que les Français seront tirés au sort à partir des bases de données des numéros de téléphone, et non des listes électorales. Les « garants » du « grand débat » préconisent cette option selon la ministre, tout comme la CNDP. Contactée le 15 janvier dernier par 20 Minutes, la commission expliquait que cela permet de « mobiliser des profils variés, au-delà du corps électoral ».

Concrètement, une entreprise privée mandatée par l’Etat va téléphoner aux Français, en tirant au sort des numéros de lignes fixes et mobiles, pour les inviter à participer à ces conférences, sur la base du volontariat. Cette mission pourrait être confiée à la société de sondages Harris Interactive, selon Le Parisien.

L’entourage d’Emmanuelle Wargon a indiqué au quotidien que c’est un logiciel qui composera aléatoirement des numéros de téléphone, commençant par 01, 02, 03 et ainsi de suite jusqu’à 09. Même si vous êtes inscrit sur liste rouge, ou Bloctel, vous pourrez donc recevoir ce coup de fil. Si une personne décroche, elle sera invitée à décliner son identité et à participer à la conférence. « Pour qu’il y ait 100 personnes dans une salle le jour J, il faut passer 5.000 appels », estimait la CNDP auprès de 20 Minutes en janvier.. 

Le hasard seul ne déterminera pas la composition du public. Les garants souhaitent que ces panels de 100 Français soient le plus représentatifs possible de la population. Mais comment ? « On ne pourra pas être totalement représentatif mais on vise la plus grande diversité. Par exemple, si les 60 premiers qui acceptent sont plutôt âgés, on ciblera surtout des plus jeunes pour les 40 restants », explique l’un d’eux, Pascal Perrineau, au Parisien. « Un quota de jeunes (de 16 à 25 ans), proportionnel à leur poids dans la population », sera garanti, complète le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, Gabriel Attal, dans le même quotidien.

Quand auront lieu ces « conférences » ?

L’exécutif vise la deuxième quinzaine de mars. Les conférences auront lieu entre un vendredi soir et un samedi soir, afin de permettre aux Français qui travaillent de se libérer.