Les «gilets jaunes», une «inspiration pour le monde entier», selon Steve Bannon

CONTESTATION L'ancien directeur de campagne de Donald Trump, Steve Bannon, qui cherche désormais à fédérer les formations nationales-populistes en Europe, voit dans « les gilets jaunes » le « réveil des perdants de la mondialisation, paupérisés comme jamais »...

20 Minutes avec AFP

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Steve Bannon, l'ex stratège de Donald Trump, sera au congrès du FN à Lille le 10 mars 2018.
Steve Bannon, l'ex stratège de Donald Trump, sera au congrès du FN à Lille le 10 mars 2018. — ENNIO LEANZA/AP/SIPA

Les « gilets jaunes » en France sont « une inspiration pour le monde entier », estime l’ancien stratège de Donald Trump, Steve Bannon, qui entend fédérer les formations nationales-populistes en Europe en vue des élections européennes de mai.

« La mère des batailles »

« Au pays de la Révolution française, le mouvement des “gilets jaunes” mène aujourd’hui la mère des batailles », a déclaré l’ancien conseiller du président américain dans un entretien à l’hebdomadaire L'Express paru jeudi.

« Ces perdants de la mondialisation, paupérisés comme jamais, se réveillent et crient “stop !” » La beauté de leur action est qu’elle réunit des gens de droite comme de gauche, ce qui est la définition du peuple et du populisme », ajoute Steve Bannon, qui fut l’invité vedette du congrès du Rassemblement national en mars 2018, et a lancé à Bruxelles la fondation The Movement pour mettre en réseau les partis nationalistes et populistes.

« Un premier round remporté contre les élites »

Les « gilets jaunes » à ses yeux ont « remporté le premier round contre les élites » quand Emmanuel Macron a annoncé le 10 décembre plusieurs mesures en faveur du pouvoir d'achat. Le président français pour lui est « un pantin ». « Il est hors sol. Sous son costume, il n’y a rien », il est « un peu le Barack Obama français ».

L’ancien directeur du site d’informations de « l’alt-right » (extrême droite) Breitbart considère que les « néonazis américains et européens sont une bande de losers » et qu’ils n’ont « aucune place dans le débat politique ». Il prône un « retour à la centralité de l’Etat-nation, qui s’appuie sur le nationalisme économique » où « ce qui compte, c’est la citoyenneté ».

Le fils de Jair Bolsonaro rejoint The Movement

Il considère que l’islam est « une grande religion » mais que « l’Allemagne ou la Hongrie aussi ont une civilisation propre. Et les gens qui y vivent doivent pouvoir décider s’ils veulent accueillir des migrants et combien ». Il dit croire à un « nouvel ordre mondial (qui) se dessinera, avec une alliance de coopération au sein du monde judéo-chrétien, avec Israël, la Russie, l’Europe et les Etats-Unis. Car notre vrai ennemi commun, c’est le Parti communiste chinois ».

The Movement a annoncé samedi la venue en son sein du fils du président brésilien d’extrême droite Jair Bolsonaro, Eduardo Bolsonaro, qui y représentera les « nations latino-américaines ». Mercredi l’organisation de Steeve Bannon a aussi indiqué accueillir l’un des chefs de l’opposition prorusse au Monténégro, Nebojsa Medojevic.