PS: En politique «il ne faut jamais s'autoflageller», Hollande répond à Faure

POLITIQUE Se disant «favorable à cette exigence d’inventaire», l'ancien président trouve «étrange de le faire 18 mois après, en pleine crise des "gilets jaunes"»

20 Minutes avec AFP
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François Hollande.
François Hollande. — SIPA

François Hollande a souligné mercredi, en réponse au discours de l’inventaire du premier secrétaire du PS Olivier Faure, qu’il ne fallait jamais « s’autoflageller » en politique, conseillant au Parti socialiste d’assumer son « identité » s’il veut rassembler.

« Il ne peut y avoir de rassemblement que s’il y a une ligne de conduite, une ligne de force, et une identité (…) Moi, ce que je peux conseiller, c’est de rassembler, mais de rassembler autour de la force principale, si tant est que le Parti socialiste l’est encore, et d’être clair sur les intentions, les projets et les propositions. Autrement, je crois qu’on ne parviendra pas forcément au rassemblement », a déclaré l’ancien chef de l’État au cours d’une conférence à Sciences-Po.

« Parce qu’un rassemblement, ce n’est pas une incantation, ce n’est pas une prière. Il y a d’ailleurs une règle en politique, il ne faut jamais se flageller, s’autoflageller, les électeurs font très bien ce travail, sans que vous ayez à le faire à leur place. Si vous allez à genoux demander à des alliés de venir, ils ne viendront jamais. Si vous y allez avec vos propositions, avec votre conviction, votre histoire, vous avez plus de chances de rassembler », a-t-il poursuivi.

« Ce qui est un peu étrange, c’est de faire l’inventaire 18 mois après »

L’ancien premier secrétaire du PS répondait à distance à Olivier Faure, qui a dressé la semaine dernière un inventaire sans concession du quinquennat de François Hollande, déplorant l’absence de « vision » initiale des socialistes et la dérive d’un pouvoir qui est sorti de « son socle de valeurs », au point que les électeurs se sont sentis « trahis ».

« Moi je suis tout à fait favorable à cette exigence d’inventaire », a observé un peu plus tard François Hollande. « Ce qui est un peu étrange, c’est de le faire 18 mois après, en pleine crise des "gilets jaunes", où là il était possible de montrer que ce qui avait posé problème, c’est précisément qu’avait été défait ce que nous avions fait », a-t-il dit.

« Je préfère avoir une vision qui fait 28 %, que celle qui fait 6 % »

« Après, je préfère avoir une vision qui permette de faire 28 %, que celle qui fait 6 % », a-t-il ironisé, en référence à son score du premier tour en 2012, et à celui de Benoît Hamon en 2017.

Soulignant la nécessité de « partis de gouvernement » crédibles, au risque sinon que l’extrême-droite « soit considérée comme la seule alternative possible », François Hollande a aussi sévèrement critiqué la stratégie de la droite.

« C’est quand même invraisemblable ce qui se passe. La droite choisit un candidat pour les élections européennes [François-Xavier Bellamy] plus à droite que l’extrême droite, allez comprendre. Dès lors que ce terrain est occupé par l’extrême droite, comment aller imaginer que des électeurs de droite puissent aller massivement vers cette liste ? Je ne m’en satisfais pas, parce que la France, elle a besoin d’un parti de droite, elle a besoin de la social-démocratie, elle a besoin de partis qui correspondent à une valeur, à une histoire », a-t-il dit.