Assurance-chômage: Le Medef va revenir à la table des négociations

DISCUSSIONS Les organisations patronales avaient claqué la porte des négociations, lundi, fâchées par la « détermination » d'Emmanuel Macron à mettre en place le « bonus-malus » sur les contrats courts

20 Minutes avec AFP

— 

Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, le 27 novembre 2018.
Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, le 27 novembre 2018. — Jacques Witt/SIPA

Après avoir claqué la porte des négociations sur l’assurance chômage, lundi, pour protester contre les déclarations d’Emmanuel Macron sur le « bonus-malus », le Medef a annoncé qu’il allait revenir à la table des discussions, a indiqué son président, Geoffroy Roux de Bézieux, ce jeudi, au Parisien.

Après les déclarations d’Edouard Philippe, mercredi, à l’Assemblée sur sa « confiance » dans les partenaires sociaux pour trouver un accord, « je vais proposer à nos instances - et je ne doute pas qu’elles acceptent - de revenir dans la négociation, même si elle est difficile », a déclaré Geoffroy Roux de Bézieux.

Les organisations patronales et syndicales doivent conduire la négociation

Les organisations patronales avaient suspendu lundi leur participation à la négociation, fâchées par la « détermination » affichée par Emmanuel Macron lors de sa rencontre jeudi avec des citoyens dans la Drôme, à mettre en place le « bonus-malus » sur les contrats courts réclamé par les syndicats pour lutter contre la précarité. Mais le Premier ministre a affirmé mercredi que c’était aux organisations patronales et syndicales de conduire la négociation.

« C’est à elles qu’il revient de définir les façons, les instruments, les moyens pour faire en sorte que notre système d’indemnisation du chômage puisse être à nouveau équilibré (…), favoriser le retour à l’emploi et, en tout état de cause, favoriser la pérennité des contrats et "désinciter" à la précarité des contrats », a-t-il insisté sans prononcer le mot « bonus-malus » honni par les organisations patronales.

« Nous allons faire des propositions alternatives »

Le clash de lundi avait provoqué l’annulation d’une séance de négociations ce jeudi au cours de laquelle le patronat devait présenter un texte global sur tous les points délicats, dont la lutte contre les contrats courts, la gouvernance du système et les règles d’indemnisation. Lorsqu’une nouvelle séance sera reprogrammée, « nous allons faire des propositions alternatives (au bonus-malus) », a répété Geoffroy Roux de Bézieux. L’objectif est de conclure la négociation pour le 20 février.

De son côté, le secrétaire général de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) Jean-Eudes du Mesnil, a indiqué que son organisation considérait « favorablement les déclarations du Premier ministre » et allait « très rapidement consulter ses instances pour décider » d’un retour aux négociations.