Djihadistes français: Philippe préfère les savoir condamnés en France plutôt que «dans la nature»

JUSTICE Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a expliqué de son côté que les enfants des djihadistes concernés feraient l’objet d’un « traitement spécial, au cas par cas »…

20 Minutes avec AFP

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Le Premier ministre Edouard Philippe.
Le Premier ministre Edouard Philippe. — CHAMUSSY/SIPA

Edouard Philippe a défendu mercredi soir la nouvelle position française sur le retour des djihadistes français détenus par les Kurdes en Syrie, en disant préférer qu’ils soient jugés en France plutôt que de risquer de les voir s’évanouir « dans la nature ». « S’ils sont expulsés, je préfère qu’ils soient jugés et condamnés, sévèrement […] punis en France plutôt qu’ils se dispersent dans la nature pour fomenter d’autres actions y compris contre notre pays », a déclaré le Premier ministre à France Inter.

« Est-ce qu’on préfère qu’ils soient dispersés, qu’ils rejoignent les rangs de Daesh ou qu’ils partent dans un autre pays pour continuer à fomenter de tels actes ? », a-t-il plaidé. « S’ils sont expulsés vers la France, ils seront jugés et ils seront condamnés », a-t-il insisté.

Une partie de la droite dénonce un éventuel retour

La France, opposée jusqu’ici au retour des djihadistes français détenus par les Kurdes en Syrie, n’exclut plus leur rapatriement de crainte qu’ils ne s’évanouissent dans la nature à la faveur du retrait américain de Syrie, et ne constituent de nouveau une menace.

Avec la perspective d’un retrait américain, les zones kurdes pourraient être la cible d’une offensive turque ou revenir dans le giron de Damas, laissant craindre la fuite d’un millier de djihadistes étrangers vers l’Europe ou d’autres théâtres. Plusieurs responsables politiques de droite et d’extrême droite ont dénoncé l’éventuel retour de ces djihadistes, le député LR Pierre-Henri Dumont appelant même à des « assassinats ciblés ».

Des djihadistes remis à la justice en cas d’expulsion

Un peu plus tôt, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux avait affirmé que la doctrine française n’avait « jamais varié ». « Ceux qui peuvent être jugés dans des Etats qui ont des institutions qui permettent de les juger » seraient jugés « là-bas », a-t-il dit.

Quant aux Etats « qui n’auraient pas ces institutions, si les forces qui ont la garde de combattants terroristes français prenaient la décision de les expulser vers la France, ils seraient immédiatement remis à la justice », a-t-il expliqué. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a expliqué de son côté que les enfants des djihadistes concernés feraient l’objet d’un « traitement spécial, au cas par cas, en relation avec la Croix rouge internationale et sous le contrôle des autorités judiciaires françaises. »