Grand débat national : LFI et EELV refusent d’envoyer un représentant au comité de suivi

NON MERCI Tous les partis étaient invités à envoyer un représentant à ce comité, créé par le gouvernement pour garantir l’indépendance du grand débat, qui devait se réunir mercredi à 16h30 à Matignon…

20 Minutes avec AFP

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Jean-Luc Mélenchon réagit aux annonces d'Emmanuel Macron, en direct de l'Assemblée nationale, le 10 décembre 2018.
Jean-Luc Mélenchon réagit aux annonces d'Emmanuel Macron, en direct de l'Assemblée nationale, le 10 décembre 2018. — Capture d'écran BFM TV

« L’indépendance » et la « transparence » du grand débat national ne sont pas garanties, estime Jean-Luc Mélenchon, qui a annoncé, ce mercredi, dans un courrier envoyé au Premier ministre Edouard Philippe, que La France insoumise n’enverrait pas de représentant au « comité de suivi ». Une décision suivie par Europe Ecologie Les Verts.

Ce comité créé par le gouvernement pour garantir l’indépendance du grand débat, doit se réunir mercredi à 16h30 à Matignon. Tous les partis ayant au moins un élu à l’Assemblée et au Sénat ont été invités par Edouard Philippe, le 17 janvier dernier, à envoyer un représentant.

« Le gouvernement a finalement décidé de confier son organisation à deux de ses membres »

« Nous ne connaissons ni l’objectif de ces réunions, ni le bilan qui en sera fait, ni le réel pouvoir des membres qui siégeront dans ce comité », a critiqué le chef de file de LFI dans son courrier, daté de mardi et transmis à la presse mercredi. « Les consultations citoyennes sur l’Europe comme le débat organisé sur l’outre-mer en 2018 ont fait la preuve que ces discussions n’avaient aucune incidence sur la politique menée par le gouvernement », a-t-il ajouté.

Pour le patron des députés LFI, « les conditions d’organisation du grand débat ne garantissent ni son indépendance, ni sa transparence », notamment parce que « le gouvernement a finalement décidé de confier son organisation à deux de ses membres » et non à une « autorité indépendante ».

« Les questions posées (…) escamotent le champs des réponses possibles »

« Le Président pose les questions, y répond, et fait le compte-rendu. Pourtant, dans ce grand débat, le rôle du chef de l’État n’était pas qu’il parle, mais qu’il écoute », a pour sa part estimé le secrétaire national d’EELV, David Cormand, dans un courrier au Premier ministre diffusé mercredi à la presse. « Pour que ce "grand débat" ait du sens, il aurait fallu que le chef de l’État et votre gouvernement soient sincèrement ouverts à changer de cap politique en fonction de l’expression des Françaises et des Français. (…) Les questions posées sur le site mis à disposition des citoyens pour participer au débat escamotent le champs des réponses possibles », a-t-il jugé.

La présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), Chantal Jouanno, s’est retirée début janvier de l’organisation du grand débat, après une polémique sur son salaire. Vendredi, elle a estimé que le grand débat était « faussé » en raison de la méthode choisie par le gouvernement.