« Gilets jaunes » : A quoi sont dus les onze décès évoqués par Emmanuel Macron ?

FAKE OFF Lundi, le chef de l’Etat a « déploré » onze décès intervenus en marge des manifestations des « gilets jaunes », mais il a souligné qu’aucune de ces personnes « n’a été la victime des forces de l’ordre ». 20 Minutes a recensé les décès intervenus depuis le début du mouvement…

Mathilde Cousin

— 

Des «gilets jaunes» manifestent à Paris le 26 janvier.
Des «gilets jaunes» manifestent à Paris le 26 janvier. — Bruno Thevenin/SOPA/SIPA
  • Lundi, Emmanuel Macron a « déploré » onze décès intervenus en marge des manifestations des « gilets jaunes », mais il a souligné qu’aucune de ces personnes « n’a été la victime des forces de l’ordre ».
  • 20 Minutes a recensé les décès intervenus depuis le début du mouvement.
  • Une octogénaire est morte à l’hôpital d’un « choc opératoire » après avoir été blessée dans son appartement par des éléments d’une grenade lacrymogène

En déplacement en Egypte lundi, Emmanuel Macron a « déploré » onze décès intervenus en marge du mouvement des « gilets jaunes », mais il a souligné qu’aucune de ces personnes « n’a été la victime des forces de l’ordre » : « Je déplore que onze de nos concitoyens français aient perdu la vie durant cette crise (…), a développé le président. Je note qu’ils ont bien souvent perdu la vie en raison de la bêtise humaine mais qu’aucun d’entre eux n’a été la victime des forces de l’ordre ».

FAKE OFF

20 Minutes a recensé les morts intervenues en marge du mouvement des « gilets jaunes ». Une des victimes est morte à l’hôpital d’un « choc opératoire » après avoir été blessée dans son appartement par des éléments d’une grenade lacrymogène.

Le premier décès a eu lieu le 17 novembre, le premier jour du mouvement des « gilets jaunes », à Pont-de-Beauvoisin, en Savoie. La victime était une manifestante, heurtée par une voiture. La conductrice aurait été prise de panique quand des manifestants se sont mis à taper sur sa voiture.

La deuxième victime est un motard âgé de 37 ans. Il a perdu la vie le 20 novembre, après une collision intervenue la veille avec un camion-benne sur la RN7, à Portes-les-Valence, dans la Drôme. Le camion avait voulu faire demi-tour pour éviter un barrage filtrant.

Dans la nuit du 1er au 2 décembre, un artisan est décédé après avoir percurté un poids-lourd à l'arrêt en raison d’un bouchon provoqué par un barrage des « gilets jaunes », selon le procureur de la république de Tarascon, cité par l’AFP. « A 2 h 15 du matin, sur l’autoroute de contournement d’Arles, un poids lourd d’est arrêté en raison du barrage non filtrant, a détaillé le procureur auprès de 20 Minutes. Le véhicule derrière ne voit pas que le poids lourd est à l’arrêt, pour des raisons qui restent à déterminer. Il le percute, et se retrouve lui-même percuté par le véhicule suivant. On se retrouve face à une sorte de carambolage. »

La quatrième victime est une Marseillaise âgée de 80 ans. Elle est décédée le 2 décembre « d’un choc opératoire », d’après le procureur de la république de Marseille. L’octogénaire a été victime « d’un arrêt cardiaque sur la table d’opération », a précisé le procureur à l’AFP. Cette femme avait été blessée chez elle par des éléments d’une grenade lacrymogène, tirée pendant des heurts en marge de manifestations à Marseille. Des « plots de grenade » avaient été retrouvés à son domicile.

La cinquième victime est une conductrice âgée d'une vingtaine d'années, qui a été tuée lorsque sa voiture est venue s’encastrer dans un camion. Selon l’AFP, l’accident était probablement lié à un ralentissement en amont d’un barrage filtrant de « gilets jaunes » en Charente.

Le sixième décès est intervenu dans la nuit du 12 au 13 décembre. Un manifestant âgé de 23 ans a perdu la vie après avoir été percutée par un camion sur un rond-point à la sortie Avignon Sud de l’A7.

Le septième accident mortel s’est déroulé le 15 décembre, en Belgique. Un conducteur est mort en percutant un camion arrêté par un barrage de « gilets jaunes » mobilisés côté français.

La huitième victime est un « gilet jaune » âgé de 61 ans, mort à Passage d’Agen. L’homme a été renversé par un poids lourd alors qu’il faisait la circulation, selon un témoin cité par l’AFP.

Le 14 décembre, une femme, passagère d’une voiture, est morte après une collision entre deux véhicules à Belleu, dans l’Aisne. Selon L'Union, le conducteur avait cherché à éviter peu de temps auparavant un barrage des « gilets jaunes ». Il aurait fait demi-tour et emprunté une route à contresens. Toutefois, le parquet de Soissons restait prudent en décembre : « Faire le lien direct avec un barrage des « gilets jaunes », moi je ne le ferai pas à ce stade », avait déclaré à l’AFP le permanencier du parquet de Soissons. « C’est une personne qui roulait à contresens sur la nationale 2 qui provoque cet accident, pour l’instant on en est là, les investigations sont en cours. »

Le 21 décembre, un automobiliste est décédé à l'entrée d'autoroute Perpignan-Sud. « Plusieurs poids lourds étaient bloqués, et le dernier de la file était en train de parlementer avec les « gilets jaunes » pour pouvoir passer lorsqu’une voiture est arrivée et s’est encastrée à l’arrière du camion », a détaillé le procureur de Perpignan. La victime est un homme âgé de 36 ans.

Le onzième décès a été constaté en Belgique le 11 janvier : l’homme participait à un barrage filtrant de gilets jaunes quand il a été reversé par un camion. L’accident s’est produit sur l’autoroute E25, sur la commune de Visé, à la frontière entre la Belgique et les Pays-Bas.

>> Vous souhaitez que l’équipe de la rubrique Fake off vérifie une info ? Envoyez un mail à l’adresse fake off@20minutes.fr ou écrivez-nous sur Twitter :  https://twitter.com/20minFakeOff

20 Minutes est partenaire de Facebook pour lutter contre les  fausses nouvelles. Grâce à ce dispositif, les utilisateurs du réseau social peuvent signaler une information qui leur paraît fausse.