PS: Faure fait la critique du quinquennat Hollande, entre absence de «vision» et «trahison»

POLITIQUE Pour le premier secrétaire du PS, la déchéance de nationalité et la loi travail, notamment, ont donné aux Français le sentiment d’être « trahis »...

20 Minutes avec AFP

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Olivier Faure, le 30 mai 2018 à Alfortville.
Olivier Faure, le 30 mai 2018 à Alfortville. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

« En prenant les Français à revers, nous sommes devenus insaisissables. En sortant de notre socle de valeurs, nous avons perdu notre fiabilité. » Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a dressé lundi soir à Ivry-sur-Seine l’inventaire du quinquennat de François Hollande, fustigeant « l’absence de vision » initiale de l’ancien président de la République et la dérive du pouvoir.

Pour Olivier Faure, l’ancien chef de l’Etat n’a pas su proposer aux Français un « projet de société vraiment explicite », mettant en œuvre des « solutions sans vision apparente ». Le PS, à l’instar des sociaux-démocrates, n’a « pas su renouveler [son] projet dans le cadre d’une économie globalisée », et est arrivé au pouvoir en 2012 avec un « logiciel » qui « dat[ait] déjà », a-t-il estimé. « Nous sommes apparus comme incapables d’incarner une réelle alternative au libéralisme mondialisé, une protection face aux nouvelles menaces », a-t-il regretté.

« Il n’y a pas de gauches irréconciliables »

S’il a énuméré assez longuement certaines des réussites du quinquennat, Olivier Faure a déploré le « débat manqué » autour du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), « l’occasion manquée de la remise à plat fiscale » et surtout, la déchéance de nationalité et la loi travail, qui ont donné aux Français le sentiment d’être « trahis ».

L’ancien chef de file des socialistes à l’Assemblée, qui espère nouer une alliance aux européennes avec les autres formations de la gauche proeuropéenne et écologiste, a aussi regretté que les socialistes n’aient pas « assez associé l’ensemble de la gauche à (leurs) décision et à (leurs) actions ». « Il n’y a pas de gauches irréconciliables (…) C’est le sens même de notre reconnaissance que de travailler à celle de la gauche tout entière », a-t-il lancé, en référence à la formule prêtée à l’ex-Premier ministre Manuel Valls.

« La tonalité d’ensemble est à la distanciation et à la rupture. Donc moi ça me va », a commenté auprès de la presse l’ancien député frondeur Laurent Baumel, chef de file de l’aile gauche du PS. Il a salué des propos qui « créent les conditions possibles d’un rassemblement de la gauche ». Adversaires d’Olivier Faure au congrès d’Aubervilliers, Stéphane Le Foll et Luc Carvounas étaient en revanche absents. Tous deux avaient critiqué auprès de la presse un exercice de contrition à contretemps.