Raphaël Glucksmann, le 17 mars 2018 à Paris.
Raphaël Glucksmann, le 17 mars 2018 à Paris. — ISA HARSIN/SIPA

CHALLENGE

Européennes: Avec Place Publique, Raphaël Glucksmann se donne «deux mois» pour unir la gauche

Avec d’autres intellectuels, Raphaël Glucksmann essaie de rassembler les écologistes, le PS et Générations pour peser lors des prochaines élections...

Ils se donnent « deux mois » pour ressusciter la gauche. Raphaël Glucksmann et d'autres intellectuels ont fondé le mouvement Place publique, pour organiser la gauche en vue des Européennes, annonce l’essayiste dans une interview publiée dimanche sur le site du Parisien. L’appel s’adresse à toutes les formations politiques, sauf la France insoumise.

« Les militants de tous ces partis veulent l’union. Ils veulent proposer une alternative crédible à Macron. Ils veulent se battre contre Le Pen, pas contre Hamon, Faure ou Jadot (…) Nous avons deux mois pour réussir », explique-t-il. Place publique, qui a « rencontré tout le monde », a identifié dix « combats communs à la gauche pro-européenne et aux écologistes ».

L’austérité, l’ISF, l’écologie… au programme

Pour Raphaël Glucksmann, « plus d’excuse pour ne pas mener ces combats ensemble ! Le PS, EELV, Générations et les autres doivent désormais expliquer avec quoi ils sont en désaccord. Et s’ils sont d’accord, alors bon courage pour expliquer pourquoi ils présentent trois listes au lieu d’une ! »

Place publique a détaillé dans un communiqué dimanche ces dix combats : « Pour faire passer l’écologie avant l’austérité », « Pour suspendre le CETA [traité commercial euro-canadien] et les nouveaux traités de libre-échange », « Pour une solidarité européenne dans l’accueil des exilés », « Pour un ISF européen », « Contre les grandes coalitions avec la droite au Parlement européen », notamment.

Seul le PS semble intéressé

Le mouvement lancé en novembre a organisé plusieurs réunions de travail avec les représentants de la gauche pour parvenir à définir ces points de convergence. Mais pour l’instant, pas d’emballement : EELV n’a jamais voulu s’y joindre, et le PCF comme Générations ont rapidement cessé de venir.

Le chef de file d’EELV Yannick Jadot comme le fondateur de Générations Benoît Hamon restent pour l’instant arc-boutés sur leur volonté de présenter leur propre liste le 26 mai. Seul le PS faisant réellement preuve d’enthousiasme devant l’initiative de Place publique.

Le premier secrétaire Olivier Faure a ainsi réaffirmé lors de ses vœux à la presse son souhait que le PS contribue au rassemblement de la gauche, quitte à ne pas occuper la première place sur une liste d’union. Ce point de vue ne fait pas l’unanimité parmi les socialistes. « Ne pas avoir la tête de liste serait un problème », a ainsi estimé l’ancien ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll auprès du JDD dimanche.