Le gouvernement maintient sa réforme de la fonction publique «comme prévu»

PROJET DE LOI De vifs débats ont lieu au sein même du gouvernement sur cette réforme de la fonction publique, un texte à haut risque politique pour l’exécutif…

20 Minutes avec AFP

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Benjamin Griveaux, le 9 janvier 2019 à Paris.
Benjamin Griveaux, le 9 janvier 2019 à Paris. — SIPA

Tout est une question de timing. Alors que certains membres du gouvernement s’inquiètent de la réaction des syndicats et des « gilets jaunes » face à la réforme de la fonction publique, l’exécutif a précisé son calendrier. La réforme sera présentée en Conseil des ministres « comme prévu » fin mars, soit à l’issue du grand débat national.

Les contours du projet de loi sont déjà connus : une possible suppression de 120.000 postes d’ici 2022, la rémunération au mérite des fonctionnaires, ou encore le recours accru aux contractuels… Face à ces propositions, les syndicats réclament depuis plusieurs semaines un dialogue plus approfondi, en pleine crise des « gilets jaunes ».

Les fonctionnaires avec les « gilets jaunes » ?

« Le texte est dans la phase prévue de concertation institutionnelle avec les partenaires sociaux », qui « vient se superposer avec le grand débat national », a déclaré le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux à l’issue du Conseil des ministres. Le passage du projet de loi en Conseil des ministres « n’est pas reporté, il sera présenté, comme il est prévu depuis le premier jour, à la fin du mois de mars », a-t-il ajouté en conférence de presse.

Benjamin Griveaux répondait à une question sur les débats parfois vifs qui animent le gouvernement concernant cette réforme. Certains ministres ont craint, par exemple, qu’un texte précipité sur ce sujet n’ajoute une fronde des fonctionnaires aux manifestations hebdomadaires des « gilets jaunes ».

Un projet « déjà ficelé »

De leur côté, les syndicats, reçus depuis mardi par le secrétaire d’Etat chargé de cette réforme, Olivier Dussopt, jugent la concertation insuffisante. Signe de leur défiance, le premier d’entre eux, la CGT Fonction publique, a annoncé mercredi qu’il ne se rendrait pas vendredi aux vœux de d’Olivier Dussopt. Le projet de loi « est déjà ficelé » et le ministre a laissé entendre ce mercredi qu’il « ne changerait quasiment rien » à ce texte, a affirmé à l’AFP le secrétaire général de la CGT Fonction publique, Jean-Marc Canon.

Un « passage en force », juge-t-il. Faux, a rétorqué Benjamin Griveaux, qui affirme que « si des idées émergent », le gouvernement pourra « les intégrer et le texte qui sera présenté comme prévu fin mars pourra être enrichi des apports ».