«Si le “Journal du hard” existait encore, peut-être que Mme Schiappa irait», déclare Christian Estrosi

SEXISME Face aux nombreuses accusations de sexisme, Christian Estrosi s’est finalement excusé pour ses propos quelques heures après son passage sur Sud Radio…

Manon Aublanc

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Christian Estrosi lors d'un conseil municipal, à Nice, le 25 avril 2016.
Christian Estrosi lors d'un conseil municipal, à Nice, le 25 avril 2016. — BEBERT BRUNO/SIPA

A peine annoncée, la venue de Marlène Schiappa dans l’émission de Cyril Hanouna a déclenché une vague d’indignation chez des élus de tous bords. Mais la palme de la réaction et du sexisme revient à Christian Estrosi, le maire Les Républicains de Nice. « Si le “Journal du hard” existait encore, peut-être que Marlène Schiappa irait », a déclaré l’élu niçois au micro de Sud Radio, ce mercredi.

« Le président, me semble-t-il, a voulu redonner de la dignité à la place de chacun, que ce soit le citoyen le plus modeste jusqu’à l’acteur économique ou politique qui compte et qui doit peser pour pouvoir apporter des réponses concrètes… Moi, j’ai de la sympathie pour les émissions de divertissement. Je les regarde même. J’ai du respect. Elles sont là pour nous amuser. Mais si le “Journal du hard” existait encore, peut-être que Mme Schiappa irait, je n’en sais rien », s’est interrogé Christian Estrosi, dénonçant une « gadgétisation de la vie politique ».

« C’est à ça qu’on est en train de tomber aujourd’hui »

« C’est à ça qu’on est en train de tomber aujourd’hui. Est-ce qu’on veut continuer à décrédibiliser la vie publique dans notre pays ou, au contraire, la remettre dans la place qui doit être la sienne ? », a poursuivi le maire de Nice.

C’est par le biais d’un simple communiqué de presse de la chaîne C8 que la nouvelle a été annoncée, ce lundi. Vendredi à 22h30, Cyril Hanouna va coanimer, avec Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, un numéro intitulé « La Parole aux Français », consacrée au grand débat national, dans l’émission « Balance ton Post ».

Face aux nombreuses accusations de sexisme, Christian Estrosi s’est finalement excusé pour ses propos, sur son compte Twitter, quelques heures après son passage dans la matinale radio.

De son côté, la secrétaire d’Etat a défendu, face aux élus, mardi au Sénat, sa venue dans l’émission de Cyril Hanouna, considérant qu’il n’y avait « pas de citoyens de seconde zone ». « C’est ce mépris de classe qui a nourri en partie le mouvement des “gilets jaunes” », a-t-elle poursuivi, avant d’ajouter : « On ne répond pas à des problèmes politiques de 2019 avec des réponses politiques de 1999. »