Le traité d'Aix-la-Chapelle est signé, Marine Le Pen demande la saisine du Conseil constitutionnel

SIGNATURE Emmanuel Macron et Angela Merkel ont signé ce traité de rapprochement franco-allemand ce mardi...

20 Minutes avec AFP

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Marine Le Pen, le 8 octobre 2018.
Marine Le Pen, le 8 octobre 2018. — Alberto PIZZOLI / AFP

Marine Le Pen a demandé la saisine du Conseil constitutionnel sur le nouveau traité franco-allemand que Paris et Berlin doivent signer ce mardi. La présidente du Rassemblement national considère que le traité d’Aix-la-Chapelle n’est pas conforme à la Constitution française.

« Le Conseil constitutionnel doit être saisi », a tweeté la présidente du Rassemblement national. Son opinion s’appuie sur la tribune d’un professeur de droit public publiée par Le Figaro. Le chercheur plaide pour cette saisine. Olivier Gohin, professeur à l’université Paris II Panthéon-Assas estime que le président français doit veiller « au respect de la Constitution, ce qui est loin d’être le cas » dans ce traité.

Des « mensonges » dangereux

Le RN considère que ce traité est « attentatoire à la souveraineté des États », établit un « partage » du siège de la France au Conseil de sécurité – ce qui n’est pas mentionné dans le texte – et instaure une « gestion partagée de la région Alsace ».

Emmanuel Macron et Angela Merkel ont signé ce traité à Aix-la-Chapelle (Allemagne) ce mardi. Ils ont proclamé leur volonté de rapprocher leurs deux pays et de faire avancer l’Europe. Le président français a accusé les nationalistes de répandre des « mensonges » dangereux à ce sujet. Des rumeurs infondées ont largement circulé, allant de l’intention de la France de partager avec Berlin son siège au Conseil de sécurité de l’ONU, une affirmation de Marine Le Pen, jusqu’à la cession de l’Alsace-Lorraine à l’Allemagne.

« Ceux qui caricaturent ou répandent le mensonge font mal aux peuples »

« Ceux qui oublient la valeur de la réconciliation franco-allemande se rendent complices de crimes du passé, ceux qui caricaturent ou répandent le mensonge font mal aux peuples qu’ils prétendent défendre en faisant bégayer nos Histoires », a accusé mardi le président français. L’Elysée a même jugé nécessaire de les démentir sur son site lundi soir, par un texte qui explique vouloir faire « toute la vérité » sur le traité d’Aix-la-Chapelle.

Paris et Berlin espèrent par cette alliance réaffirmée renforcer le projet européen, affaibli par la montée des eurosceptiques à quatre mois des élections européennes fin mai. « Au moment où l’Europe est bousculée par le Brexit et menacée par les nationalismes, par des défis qui dépassent le cadre des nations, l’Allemagne et la France doivent assumer leur responsabilité et montrer la voie », a fait valoir le président français.