VIDEO. Affaire Benalla: L'ex-chargé de mission de l'Elysée «devrait faire du judo, il en a le talent», estime Philippe Bas

CONSEIL D'AMI Entendu, ce lundi, par la commission d'enquête sénatoriale, Alexandre Benalla a passablement énervé les sénateurs, refusant de répondre à une bonne partie des questions... 

Manon Aublanc

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Alexandre Benalla a refusé obstinément lundi 21 janvier 2019 de répondre aux questions de la commission d'enquête sénatoriale sur l'attribution de ses passeports diplomatiques.
Alexandre Benalla a refusé obstinément lundi 21 janvier 2019 de répondre aux questions de la commission d'enquête sénatoriale sur l'attribution de ses passeports diplomatiques. — Christophe Ena/AP/SIPA

Alexandre Benalla « devrait faire du judo, il en a le talent », a déclaré Philippe Bas, le président de la commission d’enquête sénatoriale, interrogé quelques heures après l’audition de l’ancien chargé de mission de l’Elysée, ce lundi.

« Alexandre Benalla devrait faire du judo, il en a le talent, c’est-à-dire que c’est vrai que lorsque vous êtes dans une posture difficile, il faut absolument trouver un argument même artificiel pour renverser la position », a expliqué Philippe Bas sur le plateau de l’émission Audition publique, organisée par LCP, Public Sénat, l’AFP et Le Figaro.

« Nous prendrons aussi s’il y a lieu des décisions vis-à-vis de l’autorité judiciaire »

Entendu une première fois en septembre, Alexandre Benalla était convoqué, ce lundi, par la commission d'enquête sénatoriale pour être interrogé l’utilisation controversée de ses passeports diplomatiques. L’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron  a passablement énervé la commission d’enquête, refusant de répondre à une bonne partie des questions.

Interrogé sur le refus d’Alexandre Benalla de répondre aux questions lors de son audition, Philippe Bas, a indiqué que la commission d’enquête sénatoriale prendrait « en une seule fois les décisions qui (lui) paraissent être nécessaires ». « Pour nous l’essentiel c’est d’abord de faire la vérité sur le fonctionnement de l’Etat dans cette affaire, (…) nous voulons faire des recommandations pour que tout ce que nous avons sous les yeux ne se reproduise pas et nous prendrons aussi s’il y a lieu des décisions vis-à-vis de l’autorité judiciaire », a-t-il ajouté.

« L’exécutif a compris que nous faisions simplement notre travail qui est celui de rechercher la vérité »

Le président de la commission d’enquête sénatoriale a néanmoins refusé de donner une date précise pour la remise du rapport. « Tout sera rendu absolument public dès que nous serons prêts, a-t-il déclaré. Le problème pour nous va être d’exploiter tout le matériau recueilli, de voir où sont les contradictions et même peut-être les invraisemblances et de dire quelle est notre intime conviction sur la manière dont l’Etat a fonctionné. »

« Est-ce une affaire d’État ? », lui a demandé un journaliste. « C’est bien une affaire qui concerne l’État, mais qu’appelez-vous une affaire d’État ? », a répondu le président de la commission. Après des déclarations de Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, qui a reconnu des « dysfonctionnements » dans cette affaire, Philippe Bas s’est dit « très heureux de constater que l’exécutif a compris que nous faisions simplement notre travail qui est celui de rechercher la vérité ».