La France insoumise veut faire interdire les lanceurs de balle de défense

SECURITE Le défenseur des droits, Jacques Toubon, est également favorable à cette interdiction... 

B.C. avec AFP

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Un lanceur de balle de defense (LBD) de la police nationale. (Illustration)
Un lanceur de balle de defense (LBD) de la police nationale. (Illustration) — ERIC BERACASSAT/SIPA

Des élus La France insoumise ont demandé samedi l’interdiction des lanceurs de balle de défense (LBD), dont ils jugent l’utilisation par la police « dangereuse » au moment où des manifestants à Paris de l'acte 10 des « gilets jaunes » dénonçaient les violences policières.

« Il faut que cette violence cesse, l’utilisation des LBD est dangereuse », a tweeté le député de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière, qui a déposé vendredi à l’Assemblée nationale, au nom du groupe des 17 députés LFI, une proposition de loi « visant à interdire l’utilisation des LBD et grenades lacrymogènes de type F4 ».

De son côté, le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon a, lors de ses vœux vendredi à Marseille, assuré « ne pas être en bataille rangée avec les policiers ». « C’est la doctrine de l’emploi des forces de police qui est en cause », a-t-il ajouté, déplorant les blessés parmi les manifestants et notamment ceux victimes de tirs de LBD.

Eviter d’utiliser les armes de poing

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a lui défendu l'utilisation des LBD : « Si vous supprimez les moyens de défense à nos forces de l’ordre, il leur reste quoi ? Il leur reste le contact physique - et il y aura certainement beaucoup plus de blessés - ou il leur reste l’utilisation de leurs armes de poing qui est la solution ultime », a-t-il dit.

Jeudi, le défenseur des droits, Jacques Toubon, a demandé la suspension des LBD en raison de leur « dangerosité ». Le même jour, une cinquantaine de représentants politiques et intellectuels de gauche favorables aux « gilets jaunes » ont appelé à « abandonner toutes les armes dont l’utilisation conduit à des mutilations ou à des morts », dénonçant une « maladie sécuritaire », dans une tribune publiée dans Le Monde.

Alors que le gouvernement ne donne aucun chiffre global des manifestants blessés par LBD, le collectif militant « Désarmons-les » et le journaliste indépendant David Dufresne ont recensé près d’une centaine de blessés graves, en grande majorité par des tirs de LBD, dont une quinzaine qui ont perdu un œil, depuis le début de la contestation des « gilets jaunes » en novembre.