Grand débat à Souillac: Episode 2 pour Emmanuel Macron dans le Lot

SOCIETE Emmanuel Macron se retrouvera à partir de 15 heures entouré d’élus de tous bords ceints de l’écharpe tricolore et venus des 13 départements de la région...

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron s'interroge sur les modalités du grand débat.
Emmanuel Macron s'interroge sur les modalités du grand débat. — Philippe Wojazer/AP/SIPA

Trois jours après un premier oral marathon, Emmanuel Macron retourne sur la scène du grand débat face à 600 maires d'Occitanie rassemblés à Souillac, cité paisible du Lot. Le format ne change pas. Comme à Grand Bourgtheroulde (Eure) mardi, Emmanuel Macron se retrouvera à partir de 15h00 entouré d’élus de tous bords ceints de l’écharpe tricolore et venus des 13 départements de la région.

« Tant qu’il y aura des questions, il répondra », indique son entourage sans s’avancer sur la durée du débat.

Prévu initialement pour environ trois heures, celui de mardi s’est achevé en milieu de soirée après près de sept heures d’échanges rythmés par une soixantaine d’interventions de maires et deux longues séquences de réponses du chef de l'Etat.

Deuxième passage par Souillac pour Macron

Pour l’occasion, Souillac, un bourg de 3.750 habitants sur les rives de la Dordogne, est placé sous haute sécurité : centre bouclé, marché annulé et manifestations interdites. Un arrêté préfectoral prohibe en effet « toute manifestation, notamment dans le cadre du mouvement dit des "gilets jaunes"», de 8 heures à 23 heures. Mais la CGT, des associations, dont ATTAC, et des partis politiques (France Insoumise, Parti de Gauche, PCF) ont fixé un rendez-vous en fin de matinée à proximité de Souillac.

« Notre objectif : pouvoir manifester et faire part de nos revendications », portant sur « un revenu minimum décent, le développement des services publics en milieu rural, une fiscalité plus juste », a indiqué Jérôme Delmas, secrétaire départemental de la CGT du Lot.

Souillac a déjà accueilli Emmanuel Macron, mais comme candidat, le 17 février 2017, alors qu’il était en pleine ascension dans les sondages pour la présidentielle.

« La France est un pays dont la vocation profonde n’est pas de se rétrécir sur lui-même, n’est pas de trahir ses valeurs, n’est pas d’avoir peur de l’avenir », y avait-il lancé devant 500 sympathisants en défendant « un esprit de conquête d’un optimisme farouche ».

« Colère et souffrances »

Près de deux ans plus tard, le président cherche à tout prix à retrouver l’esprit de cette campagne victorieuse. Affaibli par la crise des « gilets jaunes » et sa chute dans les sondages, il compte sur le grand débat pour retisser le lien abîmé avec les Français.

« Je tirerai des solutions véritables de ce débat car je veux en faire un acte 2 de mon mandat », a-t-il promis en conclusion de son intervention de mardi. Il devrait au total effectuer une dizaine de déplacements dans les régions d’ici au 15 mars, à la rencontre des maires mais aussi des « citoyens ».

En introduisant les échanges dans le palais des Congrès, le maire de Souillac Jean-Michel Sanfourche abordera notamment le thème central de la ruralité et ceux de la justice sociale, économique, fiscale et démocratique, a-t-il confié.

Les autres intervenants devraient également interpeller le chef de l’Etat sur l’affaiblissement des services publics dans les campagnes, qui se sentent défavorisées par rapport aux villes. Or le Lot ne compte que trois communes de plus de 4.000 habitants, dont la préfecture Cahors. « En venant dans le Lot, vous ne pourrez pas ignorer la colère et les souffrances de nos concitoyens : la vie réelle », a lancé le député Aurélien Pradié (Les Républicains) dans une « lettre ouverte » adressée au chef de l’Etat.