Municipales à Strasbourg: «Je ne serai pas numéro 2», «un nouveau souffle»... La course à la mairie est lancée

ELECTIONS La période des voeux... «Je ne serai pas numéro 2»

Alexia Ighirri

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Conseil Municipal de Strasbourg (Archives)
Conseil Municipal de Strasbourg (Archives) — G . VARELA / 20 MINUTES
  • A Strasbourg, plus d’un an avant les élections municipales, certains élus de droite et de gauche ont d’ores et déjà annoncé leur candidature à la succession de Roland Ries, maire socialiste qui ne se représentera pas.
  • Les choses se sont accélérées en ce début d’année. Qui est candidat ? Qui peut faire alliance ? 20 Minutes fait le point sur la situation dans la capitale alsacienne.

« J’enregistre les déclarations de candidatures. » Le maire Roland Ries (PS) savait sa parole attendue sur le sujet des municipales, lors de ses vœux à la presse. Il a beau ne plus se représenter au terme de son second mandat, le premier magistrat veut rester « attentif aux différentes candidatures déclarées ou non encore déclarées ». Et force est de constater que plus d’un an avant le premier tour à Strasbourg, ils sont déjà quelques-uns sur la ligne de départ après que les choses se sont accélérées en ce début d’année. Tour d’horizon(s) politique(s).

A gauche

La majorité municipale est divisée. Et chaque courant de la gauche - encore réunis dans l'exécutif jusqu'à la fin du mandat - est en piste pour être représenté au prochain scrutin. Le premier à s’être annoncé candidat à la tête de liste du Parti socialiste a été Philippe Bies, adjoint au maire et chef du groupe majoritaire, en septembre.

Mais voilà, face à la presse lundi, le président de l’Eurométropole (PS) Robert Herrmann a lui aussi confirmé son intérêt. Et posé ses conditions : « Si je pars, c’est pour être tête de liste. Je ne serai pas numéro 2. Si on veut m’imposer une liste pur jus socialiste, je n’irai pas. Il faut mettre son étiquette dans la poche, sans perdre son identité. » L’élu, qui ne veut « pas de dichotomie » entre la mairie et l’Eurométropole, souhaite donc mener une liste de rassemblement, de centre-gauche, sur le modèle de la coalition qu’il préside à l’agglomération, avec la gauche mais aussi « des gens du Modem, de l’UDI, des radicaux ». Robert Herrmann exclut juste toute une alliance avec l’adjoint au maire Paul Meyer, « pour des raisons de comportement ».

Ce dernier, président du groupe la Coopérative et soutien de la gauche de Benoît Hamon, "est souvent cité comme candidat potentiel, mais on estime, collectivement, à la Coopérative, que nous ne sommes pas dans ce temps-là », réagit Jean-Baptiste Gernet, membre de ce groupe politique. Mais nous pensons aussi à la suite. Nous restons dans une démarche lancée en 2007, quand nous avons lancé un think tank, Générations Strasbourg, dans l’idée de construire un lien direct avec les Strasbourgeois et réfléchir la ville de demain." Sur cette lignée également, à la gauche du PS, le vice-président de l’Eurométropole en charge de l’habitat Syamak Agha Babaei a initié le Labo citoyen. Un positionnement « pour être dragué », dixit Robert Herrmann, qui semble fonctionner : l’élu est courtisé.

Au centre

Strasbourg est l’une des villes considérée comme gagnable par La République en marche. Et il ne fait de doute, pour personne, que le premier adjoint Alain Fontanel – ex-PS désormais LREM, souvent présenté comme le dauphin de Roland Ries – mènera la liste. L’intéressé ne se prononce pas (encore).

Avec ou sans le soutien du centre-droit et notamment Agir-la droite constructive ? L’ancienne maire Fabienne Keller, chef de file de l’opposition qui a donc quitté Les Républicains, se représentera-t-elle encore ? Son nom est davantage soufflé pour figurer sur une liste aux élections européennes.

A droite

Le bloc de l’opposition de droite s’est désuni dans l’hémicycle du conseil municipal entre Agir et Les Républicains. Et si aucun ne semblait se détacher pour porter les chances de la droite aux municipales, elle a désormais un premier candidat : samedi, Jean-Philippe Vetter (LR) a annoncé sa candidature « pour sortir du flou ». S’il doit attendre cet été pour une possible investiture de son parti, le conseiller municipal veut « construire une dynamique ». Ancien attaché parlementaire de Fabienne Keller, désormais auprès de l’eurodéputé Geoffroy Didier est convaincu que « les Strasbourgeois veulent une vraie alternative après 12 ans de mandat de Roland Ries. Robert Herrmann comme Alain Fontanel seront comptables de ce passif et ce bilan. Je pense qu’il y a besoin d’un nouveau souffle ».

Il ne devrait néanmoins pas être le seul à avoir cette ambition. Aussi, les noms de ses collègues conseillers municipaux Eric Senet et Jean-Philippe Maurer, voire celui du président du département du Bas-Rhin Frédéric Bierry, sont avancés.

Les écologistes

Comme lors des précédents scrutins, Europe-Ecologie Les Verts devrait partir seul en présentant un candidat au premier tour. Alain Jund sera-t-il une nouvelle fois candidat ? Il n’a pas encore répondu à cette question. Il est aussi envisageable de voir de nouveaux visages – citons par exemple Jeanne Barseghian – porter la candidature écologiste.

Et les extrêmes ?

Le conseil municipal compte deux élus d’extrême droite, Jean-Luc Schaffhauser, le candidat Strasbourg Bleu Marine soutenu par le FN, ayant réussi à se qualifier pour le second tour en 2014. Depuis, il leur est difficile de peser dans les débats.

L’extrême gauche se montre aussi discrète malgré, de son côté, de bons scores aux législatives de 2017.