La France déclenche son «plan lié à un Brexit sans accord», annonce Edouard Philippe

ROYAUME-UNI Le plan vise à protéger les citoyens et les entreprises françaises... 

20 Minutes avec AFP

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Edouard Philippe, le 31 octobre 2018 à Matignon.
Edouard Philippe, le 31 octobre 2018 à Matignon. — Thibault Camus/AP/SIPA

Face à l’éventualité « de moins en moins improbable » d’une sortie brutale du Royaume-Uni de l’Union européenne, la France a déclenché un « plan lié à un Brexit sans accord », a annoncé Edouard Philippe, le Premier ministre, ce jeudi.

Ce plan « comporte des mesures législatives et des mesures juridiques qui visent à faire en sorte qu’il n’y ait pas d’interruption de droits et que les droits de nos concitoyens ou de nos entreprises soient effectivement protégés », a indiqué le chef du gouvernement à l’issue d’une réunion avec plusieurs ministres à Matignon.

Cinq ordonnances pour définir un cadre juridique

Après l'Assemblée nationale la veille, le Sénat doit adopter définitivement jeudi le projet de loi préparant la France à toute forme que prendrait la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne, notamment un Brexit « dur ». « Sur le fondement de cette loi d’habilitation », qui sera promulguée cette semaine, « cinq ordonnances seront présentés au Conseil des ministres mercredi et publiées dans les trois semaines qui viennent », a ajouté Edouard Philippe.

« Ces cinq ordonnances nous permettront d’avoir un cadre juridique qui répond aux enjeux d’un Brexit sans accord », a-t-il souligné. Il s’agit notamment de protéger les intérêts des Français résidant au Royaume-Uni, de garantir un statut pour les citoyens britanniques en France et encore de prévoir les mesures en vue du rétablissement des contrôles de marchandises aux frontières.

Investissements dans les ports et les aéroports et recrutements chez les douaniers

Edouard Philippe a également annoncé « un plan d’environ 50 millions d’euros d’investissement dans les ports et les aéroports français », soit « les lieux les plus concernés par les modifications à apporter ». « 600 recrutements seront réalisés dans les semaines qui viennent (…) Il s’agit d’emplois de douaniers, de contrôleurs vétérinaires, de toute une série d’agents de l’État, qui vont permettre, là encore, d’être à la hauteur des enjeux, d’être à la hauteur des contrôles nécessaires », a-t-il développé.

Un plan pour accompagner le secteur de la pêche, qui est « le plus susceptible d’être durement impacté par cette sortie sans accord », est également à l’étude. « La responsabilité du gouvernement c’est que notre pays soit prêt, que les intérêts de nos concitoyens soient préservés et défendus », a insisté le chef du gouvernement.