VIDEO. Vaucluse: Thierry Mariani en meeting aux côtés de Marine Le Pen, un coup dur pour la droite locale

EUROPÉENNES Ce samedi, l’ex-LR Thierry Mariani sera sur ses terres, dans le Vaucluse, au côté de Marine Le Pen en meeting pour les européennes…

Mathilde Ceilles

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Thierry Mariani et Marine Le Pen
Thierry Mariani et Marine Le Pen — Alain Robert / Sipa

Sa commune, Valréas, qu’il a dirigé de 1989 à 2005, n’est qu’à une petite heure de route. Ce samedi, Thierry Mariani sera en meeting dans le Vaucluse, plus exactement au Thor. C’est loin d’être le premier de sa carrière sur ses terres. Celui-ci est toutefois différent. Cette fois, il s’affichera au côté de Marine Le Pen​, en tant que troisième candidat sur la liste RN aux prochaines élections européennes.

La nouvelle ne laisse pas de marbre au sein des Républicains de Paca. Il faut dire que Thierry Mariani gravite dans la droite locale depuis 1976. Député du Vaucluse, conseiller départemental, conseiller régional… Thierry Mariani a construit en Provence son assise politique, avant de monter à la capitale embrasser une brève carrière de ministre sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

« Grand adversaire de la Ligue du Sud »

« J’ai du mal à comprendre sa décision, je n’ai pas d’explication, confie Julien Aubert, député LR du Vaucluse. Je suis plus déçu que surpris, car j’avais échangé avec lui à ce propos. Thierry Mariani a bâti sa carrière en se posant comme un grand adversaire de la Ligue du Sud. Il a passé son temps a expliqué qu’il était contre l’extrême droite. Soit il n’était pas cohérent avant, soit il n’est pas cohérent aujourd’hui. »

Lorsqu’il entre pour la première fois à l’Assemblée nationale, en 1997, Thierry Mariani s’impose en effet face à Jacques Bompard, alors frontiste, et futur fondateur de la Ligue du Sud. Le match entre Thierry Mariani et Jacques Bompard pour le siège de député de la quatrième circonscription du Vaucluse se jouera à trois reprises, jusqu’en 2007, toujours à la faveur du premier.

Un « désaccord » avec Laurent Wauquiez

« Je le sais depuis des mois qu’il va au côté de Marine Le Pen, il m’en avait fait part en novembre, explique Eric Diard, député des Bouches-du-Rhône. Je le regrette. Il a un peu été mon grand frère quand j’ai été député. On a vécu l’Irak ensemble, je le connais bien. » C’est avec Eric Diard et une autre parlementaire UMP que Thierry Mariani avait en effet accepté une invitation controversée à Bagdad en 2002.

« Cette décision de rejoindre Marine Le Pen vient de la mésentente entre Thierry Mariani et Laurent Wauquiez, il me l’a dit, affirme Eric Diard. Il y a eu un désaccord, une histoire de bureau politique, "je le mets, je le mets pas"… » Et d’ajouter : « Je pense s’il avait été réélu en 2017, il n’aurait pas pris cette décision. Thierry Mariani est un hyperactif. Il a envie d’agir et il s’est tourné vers le Rassemblement national. »

« Un personnage très connu »

Ce virage à droit pourrait toutefois fragiliser les Républicains dans une région qui constitue l’une de leurs terres électorales. « Il a été tête de liste ici, il a un véritable coefficient sympathie auprès des électeurs des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse, analyse Eric Diard. Il a sillonné la région partout, c’est un personnage très connu à la gouaille apprécié. » « Les gens votent pour des personnalités, pas des partis, et Thierry Mariani est parti il y a six ans », tempère Julien Aubert.

Le message envers les électeurs pourrait de plus se retrouver brouiller. Thierry Mariani a longtemps incarné, en Paca comme au niveau national, l’aile droite du parti. En 2010, le courant La Droite populaire, très conservateur, qu’il fonde, comprend un tiers d’élus de la région. « Ce départ nous oblige à clarifier notre ligne, concède Julien Aubert. Thierry Mariani est attaché comme nous à l’Europe des nations. Comme moi, il est eurocritique, et non eurosceptique. Alors que le RN a longtemps été europhobe. Thierry Mariani ne peut pas s’épanouir au sein du Rassemblement national. »

« De toute façon, historiquement, chez nous, pour les élections européennes, le FN cartonne, soupire Eric Diard. Je suis fataliste. Chez les Républicains, on ne connaît même pas notre tête de liste. » Aux dernières élections européennes, la liste FN menée par Jean-Marie Le Pen dans le Sud-Est était arrivée en tête avec 28,18 %, devant les 22.40 % de l’UMP et de Renaud Muselier.

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