Affaire Benalla: L'ex-chargé de mission de l'Elysée a usé largement de ses passeports diplomatiques après l'Elysée

AUDITIONS Suivez en direct les auditions de Patrick Strzoda, de Christophe Castaner et de Jean-Yves Le Drian dans le cadre des révélations sur Alexandre Benalla...

Vincent Vantighem

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Alexandre Benalla, le 19 septembre 2018 devant la Commission d'enquête du Sénat.
Alexandre Benalla, le 19 septembre 2018 devant la Commission d'enquête du Sénat. — Alain JOCARD / AFP
  • En veille depuis deux mois, la commission des Lois du Sénat reprend les auditions après de nouvelles révélations sur Alexandre Benalla.
  • Ce mercredi, Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l'Elysée, doit être réentendu.
  • Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur et Jean-Yves Le Drian, son homologue aux Affaires étrangères, doivent également être auditionnés.

18 heures : C'est la fin de ce live, merci de l'avoir suivi avec nous !


17h31 : Cette affaire de passeport est très compliquée...

Passeport de service ? Diplomatique ? Vous êtes perdu ? C'est normal. Je vous renvoie vers le thread complet de ce magistrat, ancien porte-parole de la Chancellerie.

 

17h29: Castaner explique que l'Intérieur ne pouvait intervenir sur les passeports diplomatiques.

Le ministre de l'Intérieur vient d'expliquer longuement que le système électronique actuel ne permettait pas de bloquer (invalider) un passeport diplomatique. 

17h15 : Christophe Castaner prend place

C'est maintenant le ministre de l'Intérieur qui va répondre aux questions de la commission des Lois du Sénat. Il vient de préter le serment.

17h07 : On revient encore sur cette histoire de «faux»

Patrick Strozda précise ce qu'il a balancé tout à l'heure. « Ce dont je suis sûr, c’est que le document qui lui a permis d’obtenir son deuxième passeport de service est un faux. Avec cet individu, on en découvre tous les jours ! »

17h02 : Alexandre Benalla n'a pas remis les pieds à l'Elysée.

Patrick Strzoda continue de répondre aux différentes questions posées par les sénateurs. On apprend au passage qu'Alexandre Benalla « n'est pas revenu à l'Elysée depuis le 20 juillet »

16h42 : En clair, Benalla a démenti toute activité privée pendant ses activités à l'Elysée.

C'est en tout cas ce qu'il a indiqué dans un courrier à Patrick Strzoda.

16h40 : Columbo et un whisky de qualité...

Le directeur de cabinet explique maintenant qu'il a effectué toutes les vérifications nécessaires pendant les congés de fin d'année. Il explique ainsi qu'il a travaillé jusqu'à 22h30 le 31 décembre. Et qu'ensuite, il est rentré chez lui, il a regardé un épisode de Columbo, il a bu un whisky Dalmore de 1962 et qu'il a passé une très bonne nuit.

16h39 : Benalla a explique qu'il n'avait exercé « aucune mission »

« Monsieur Benalla a répondu le 28 décembre : ''Pour répondre à vos questions, je vous confirme que tout au long des fonctions qui m’ont été confiées à l’Elysée, je n’ai jamais exercé de missions personnelles. Et je n’ai jamais reçu directement ou indirectement une rémunération pour cela. Je tiens mes relevés bancaires à votre disposition. Les rumeurs dont je suis la cible sont dénuées de tout fondement''. »

16h37 : Questions sur les activités privés que Benalla aurait pu exercer...

« Sur les activités privées que MM. Benalla et Crase auraient pu avoir. Concernant M. Benalla, aucune information sur des activités privées n’a pas été portée à notre connaissance sur la période où il travaillait à l’Elysée. D’ailleurs, tout cela est exclu par son contrat.

Dans le courant du mois de décembre 2018, nous nous sommes interrogés sur d’éventuelles missions personnelles et privées qu’aurait pu exercer M. Benalla quand il était à l’Elysée. J’ai écrit un courrier à M. Benalla le 22 décembre et j’ai adressé une copie de ce courrier au procureur de la République »

16h27 : «C'est dommage qu'on soit arrivés à une situation pareille...»

Les sénateurs s'y mettent à plusieurs pour tenter de comprendre pourquoi l'Elysée n'a pas agi avec plus «d'autorité» vis-à-vis d'Alexandre Benalla. « Les tribulations de M. Benalla ne sont pas ma priorité. Mais j’assume mes responsabilités », répond le directeur de cabinet.

16h26 : Comportement fautif d'un individu ?

Le résumé selon Patrick Strzoda de toute cette affaire de passeports ? « On est face à un comportement fautif d’un individu qui a peut-être bénéficié de failles du système. »

16h21 : Jean-Pierre Sueur continue à douter très sérieusement de l'Elysée...

« Ca me paraît très difficile que M. Benalla ait pu être reçu par un chef d’État sans que d’aucune manière ni l’ambassade, ni les services de renseignements n’ait pu vous fournir cette information à l’Elysée... »

16h12 : L'Elysée a saisi le procureur de la République pour des soupçons de faux.

Question sur le passeport de service sollicité en juin par Alexandre Benalla. « Je vais vous dire quelque chose qui va vous éclairer sur la personnalité de M. Benalla, attaque Patrick Strzoda. Pour obtenir son deuxième passeport de service, M. Benalla a envoyé une note au ministère de l’Intérieur avec papier à entête du chef de cabinet, une note manuscrite sans signature. Soupçonnant une falsification par Alexandre Benalla, nous avons signalé cela au procureur de la République via l’article 40... »

Questionné par Jean-Pierre Sueur, Patrick Strzoda assure avoir saisi le procureur ce mercredi matin.

16h10 : Echanges tendus avec Jean-Pierre Sueur.

Depuis dix bonnes minutes, le sénateur pose des questions sur les passeports de service d'Alexandre Benalla. Tout le monde s'interroge sur le fait qu'il en possédait quatre : deux de services et deux diplomatiques.

15h54 : Le sénateur (PS) Jean-Pierre Sueur passe à l'attaque.

Connu pour ses questions sans ambages, le sénateur du Loiret s'étonne « véritablement » que l'Elysée ne se soit pas rendu compte avant le 4 octobre qu'Alexandre Benalla avait gardé son téléphone Teorem, ne se soit pas rendu compte avant aujourd'hui qu'il avait utilisé ses passeports diplomatiques « une vingtaine de fois ».

« Est ce qu’il existe un minimum de DGSI, un minimum de services de renseignements ? », interroge directement le sénateur qui est assis juste à côté de Patrick Strzoda.

15h50 : Echanges à fleurets mouchetés avec Philippe Bas.

Patrick Strzoda continue son exposé :

- Alors, quelles sont les démarches qui ont été développées à l’Elysée pour récupérer les passeports ?

- Euh, pour l’empêcher de s’en servir, rétorque Philippe Bas.

15h43 : Benalla a utilisé ses passeports diplomatiques « une vingtaine de fois ».

« Je dis haut et fort ici que les mesures qui ont été prises me permettent d’affirmer que les passeports n’étaient pas à l’Elysée. Mais surtout, nous savons aujourd’hui que M. Benalla a utilisé presque une vingtaine de fois entre le 1er août 2018 et le 31 décembre. La première utilisation est du 1er août au 7 août. Les autres utilisations s’étendent sur les mois d’octobre, novembre et décembre. » Le voyage au Tchad n'étaient donc pas le premier...

15h41 : Alexandre Benalla n'est jamais venu chercher son carton.

Le directeur de cabinet explique que les affaires d'Alexandre Benalla sont restées dans un carton. Et qu'il n'est jamais venu chercher ses affaires.

15h39 : Tout cela n'est pas totalement clair.

Le directeur de cabinet explique que ses services ne se sont pas aperçus, tout de suite, qu'un téléphone manquait car son bureau avait été perquisitionné. Le fameux téléphone aurait pu avoir été saisi par les enquêteurs. Etrangement, les choses sont simples. Mais les explications de Patrick Strzoda ne le sont pas vraiment. Il vient de chercher un courrier dans son « dossier de plus en plus volumineux » sans jamais réussir à le retrouver.

15h33 : « L'obligation de Benalla n'a pas été respectée... »

« Il existe, dans les services de l’Elysée, 30 combinés Teorem. D’abord, à l’État major de l’Elysée. Et puis au centre de sécurité. Au moment de son licenciement, M. Benalla aurait dû rendre ce téléphone. En l’occurrence, cette obligation n’a pas été respectée… »

Le directeur de cabinet explique que ses services ont réalisé qu'il manquait ce téléphone le 4 octobre. Il précise qu'il n'a pas été activé entre le 1er juillet et le 4 octobre. Et puis, récemment, il explique que l'avocat d'Alexandre Benalla lui a dit que ce téléphone avait été retrouvé dans ses affaires. Décision a été prise que le téléphone revienne à l'Elysée. Aujourd'hui, Alexandre Benalla vit à l'étranger. Il serait à Londres.

15h29 : Sur le téléphone Teorem...

« J’ai effectivement, hier soir, en lisant un hebdomadaire pris connaissance d’un certain nombre de choses. Le téléphone en question s’appelle un Teorem. Il est développé par la société Thales dont tout le monde aura compris l’humour (vous l’avez?) »

« Cela nécessite que les deux correspondants aient le même type de matériel. Ce type d’appareil est très répandu puisqu’il existe 4.600 terminaux auprès des attachés de l’État mais aussi des OIV (Opérateurs d’Importance Vitale). Contrairement à ce que disait l’hebdomadaire, ce matériel n’est pas classé secret défense. »

15h25 : L'Elysée en sait donc plus aujourd'hui...

« Comme je l’ai dit aux enquêteurs, aujourd’hui, nous pouvons prouver un certain nombre de choses qui n’étaient pas aussi claires il y a quelques semaines encore », indique Patrick Strzoda.

 

15h23 : Philippe Bas recadre directement le directeur de cabinet.

« Vous ne pouvez retenir des informations », lui balance le président de la Commission après avoir expliqué que son rôle n'était pas similaire à celui des magistrats.

15h17 : Strzoda commence par évoquer l'enquête judiciaire en cours...

Le directeur de cabinet de l'Elysée explique qu'une enquête judiciaire est en cours sur les faits dont est saisie la Commission des lois. Il pointe la séparation des pouvoirs pour justifier le fait qu'il ne pourra pas répondre à toutes les questions. Au passage, il balance qu'Alexandre Benalla doit être entendu dans les prochains jours par la justice.

15h16: Patrick Strzoda commence par ... présenter ses vœux...

Patrick Strzoda présente ses « vœux sincères de bonne santé » et puis « de réponses que vous apporterez au besoin de confiance que réclament en ce moment même nos concitoyens. » Reste à savoir si les « gilets jaunes » sont branchés sur Public Sénat ?

15h13 : Philippe Bas est vraiment droit dans ses bottes.

Le président de la Commission martèle les objectifs de ces travaux. « Nous devrons recueillir les informations nécessaires pour connaître la réalité des activités privées de Monsieur Benalla et Monsieur Crase. »

15h11 : Que fait vraiment Benalla avec les chefs d'Etat étrangers ?

Philippe Bas met les pieds dans le plat dès le départ. « Nous avons le droit d’être préoccupés par le fait que des chefs d’État étrangers paraissent porter un intérêt fort pour un ancien collaborateur de l’Elysée... »

15h07 : Philippe Bas, le président de la Commission, rappelle le contexte.

Toujours aussi pointilleux, le président (LR) de la commission des Lois, rappelle le contexte qui a conduit la reprise des auditions. Il évoque, pêle-mêle, l'affaire des passeports diplomatiques, l'activité professionnelle « débordante » et « obscure » d'Alexandre Benalla, son voyage au Tchad, les soupçons de liens de Vincent Crase avec la Russie.

14h54 : Patrick Strzoda, directeur de cabinet à l’Elysée, va ouvrir le bal.

Après 28 auditions entre les mois de juillet et d’octobre, la commission des Lois du Sénat reprend, ce mercredi, son travail d’enquête après de nouvelles révélations sur Alexandre Benalla.

Le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, est le premier à être auditionné. Déjà entendu par les Sénateurs en juillet dernier, il avait été mis en difficulté et avait fini par reconnaître qu’Alexandre Benalla avait touché son « salaire intégral » en mai 2018, en dépit de la sanction d’exclusion de 15 jours qui avait été prise à son encontre.