Personnes en difficulté «qui déconnent»: L'opposition dénonce «le mépris» de Macron

SOCIAL Prononcée devant des élus avant d'ouvrir le grand débat national, la petite phrase du président français passe mal...  

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron quitte Gasny dans l'Eure, pour se rendre au grand débat national à Grand Bourgtheroulde, en Normandie, le 15 janvier 2019.
Emmanuel Macron quitte Gasny dans l'Eure, pour se rendre au grand débat national à Grand Bourgtheroulde, en Normandie, le 15 janvier 2019. — Philippe Wojazer/AP/SIPA

Ses partisans louent son « parler-vrai ». Ses détracteurs dénoncent son « mépris ». Emmanuel Macron s’est offert une nouvelle polémique, mardi, avec sa sortie sur certaines personnes en difficulté « qui déconnent ». Une petite phrase prononcée au cours d’un conseil municipal à Gasny dans l’Eure, avant l’ouverture du grand débat national de Grand Bourgtheroulde, en Normandie.

« Une partie du traitement de la pauvreté est dans les personnes qui vivent en situation de pauvreté. Pas dans le face-à-face entre ceux qui profiteraient d’un côté et ceux qui seraient les vaches à lait de l’autre. Elle est dans un travail collectif très fin. Les gens en situation de difficulté, on va davantage les responsabiliser car il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent », a dit le président hors caméra. Nos confrères de franceinfo ont toutefois publié le clip audio de sa déclaration.

« Eteindre un incendie avec du napalm »

« L’année 2019 débute comme elle s’est achevée. Des débats s’ouvrent mais toujours le même mépris pour les Français ! », a dénoncé Valérie Soyer (LR). Olivier Faure, le patron du PS, a jugé « insupportable » cette « façon de jeter en pâture les plus faibles ». « Le président de la République veut éteindre un incendie avec du napalm, a fustigé le député LR Eric Ciotti dans les couloirs de l’Assemblée. Il y a chaque jour de nouvelles provocations, des phrases qui blessent. On dirait que le président de la République veut rajouter en permanence de l’huile sur le feu. »

« Après les ''illettrés de Gad'', ''les cyniques et les fainéants'', ''le pognon de dingue des minima sociaux'', ''les Gaulois réfractaires au changement'', ''les gens qui ne sont rien'', voici ''les pauvres qui déconnent…'' », énumère Régis Juanico (apparenté PS). « A chaque fois qu’il y a des regains de mobilisation, c’est parce qu’Emmanuel Macron s’exprime. Cela se vérifie systématiquement. Qu’il se taise ! », a réagi Ugo Bernalicis (LFI), devant la presse dans les couloirs de l’Assemblée nationale.

« Mépris de classe »

« C’est triste. Un président de la République, c’est quelqu’un qui a de l’empathie, qui aime les Français. Emmanuel Macron n’aime pas les Français. Il y a un mépris de classe », a réagi Nicolas Dupont-Aignan, patron de Debout la France. « Malgré des semaines de mobilisation des #GiletsJaunes et de mécontentement massif des Français, Macron ne s’est toujours pas remis en question et continue ses insultes, son mépris et son arrogance… Sidérant ! », a tweeté Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national pour les européennes.

Mais pour le chef de file des députés La République en marche, Gilles Le Gendre, le président « parle aussi comme nous parlons tous ». « J’aime bien la vérité, c’est ce que j’aime bien chez le président ».