Avant Emmanuel Macron, Laurent Wauquiez a, lui aussi, écrit une lettre aux Français

MESSAGE Le grand débat national « risque d’être un artifice grossier », estime le patron des Républicains, qui a appelé à apporter d’urgence de « vraies réponses » aux colères…

Manon Aublanc

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laurent Wauquiez, président des Républicains, le 6 décembre 2018.
laurent Wauquiez, président des Républicains, le 6 décembre 2018. — AFP

Quelques heures avant celle d'Emmanuel Macron, Laurent Waquiez s’est, lui aussi, adressé aux Français dans une lettre, publiée dimanche sur les réseaux sociaux. A la veille du lancement du grand débat national, qui « risque d’être un artifice grossier », le patron des Républicains a appelé à apporter d’urgence de « vraies réponses » aux colères.

Après deux mois de mobilisation des « gilets jaunes », « notre pays se déchire et s’enfonce semaine après semaine un peu plus dans la crise », a écrit le président des Républicains, qui estime que des voix doivent se lever « pour ramener calme et sérénité ».

« Si le président de la République avait écouté dès le début, nous n’en serions pas là »

S’il estime que le mouvement des « gilets jaunes » a porté « des revendications légitimes, la reconnaissance du travail, le ras-le-bol fiscal, l’abandon des territoires », les casseurs ont « dénatur(é) ce message », a-t-il ajouté. « Cette violence ne peut plus continuer. Les représentants des gilets jaunes doivent la condamner sans la moindre ambiguïté et tout mettre en œuvre pour sortir les casseurs de leurs rangs. En démocratie, s’exprimer est un droit mais respecter est un devoir », a-t-il justifié.

Laurent Wauquiez a également accusé Emmanuel Macron de porter « la première responsabilité » de la crise. « Si le président de la République avait écouté dès le début, nous n’en serions pas là », a-t-il déclaré, appelant le chef de l’Etat à « cesser les provocations et les coups de mentons, respecter enfin les Français et changer profondément sa politique ». Selon lui, le chef de l’Etat a ouvert « un gouffre dans la confiance envers les politiques ». « Le soi-disant grand débat dont les questions ont été triées – comment ne pas aborder les questions d’immigration ? – risque d’être un grossier artifice », a-t-il prévenu.

Répondre aux « trois cris de colère poussés par les Français »

« Si l’on veut ramener le calme », il faut « répondre aux trois cris de colère poussés par les Français », a détaillé le président de la région Auvergne Rhône-Alpes. « Le premier, c’est de lutter contre le gaspillage de l’argent public pour baisser les impôts », en diminuant la dépense publique, a-t-il affirmé. Le second, « c’est que la République veille à nouveau sur tous les territoires, la ruralité, nos villes moyennes ».

Laurent Wauquiez suggère « un vrai plan d’investissement dans nos territoires pour l’accès à la santé, la téléphonie mobile, les routes. Et le gouvernement doit revenir sur cette mesure des 80 km/h, une des premières allumettes qui a mis le feu ». Dernier point : « il faut revaloriser le travail », a-t-il expliqué, « pour tous et non comme les primes du gouvernement viennent de le faire en laissant de côté les classes moyennes ». « De cette crise, nous devons faire émerger les vraies réponses pour le pays », conclut le président des Républicains : « Mais pour cela, il faut que les esprits se calment et que nous retrouvions de la sérénité ».