VIDEO. Grand débat national: L'opposition tacle Macron sur sa lettre aux Français

REACTIONS Les adversaires politiques du président ont surtout critiqué les « lignes rouges » tracées par Emmanuel Macron dans sa lettre aux Français, concernant notamment la suppression de l’ISF…

M.C.

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Emmanuel Macron à Prague en octobre 2018.
Emmanuel Macron à Prague en octobre 2018. — Ondrej Deml/AP/SIPA

Emmanuel Macron promet de tirer « toutes les conclusions » du grand débat national qui sera lancé mardi. Dans une lettre aux Français rendue publique dimanche, le chef de l’Etat pose une trentaine de questions destinées à encadrer la consultation et annonce qu’il « rendra des comptes directement dans le mois qui suivra la fin du débat ». Mais tout en assurant qu’il n’y aura « pas de questions interdites », il trace des « lignes rouges », excluant notamment de revenir sur les réformes votées sur la fiscalité sur le patrimoine et la suppression de l’ISF, des propos qui ont vivement fait réagir la classe politique dimanche.

« On ne convoque pas tous les Français à un débat en leur interdisant de parler par exemple de l’ISF, a lancé sur Twitter le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. Les conclusions doivent être celles des Français, pas celles déjà prévues par le président de la République. »

« Pas de question interdite mais pas touche aux mesures économiques et fiscales, a raillé le député LFI Eric Coquerel. Pour le reste les questions énumérées par Emmanuel Macron renseignent sur les décisions qu’il annoncera seul. Le peuple peut débattre, Jupiter tranchera. »

« Le grand débat ? Une grande diversion », a réagi de son côté Jean-Luc Mélenchon. « On refait le débat de la présidentielle mais le gouvernement fixe les conclusions. »

 

« Se sortir d’une mauvaise passe, mais pas répondre aux Français »

Benoît Hamon a estimé que la lettre « déçoit car elle est faible, prévisible, sans souffle ni vision. Elle confirme nos inquiétudes. Le Président de la République cherche par cette lettre à se sortir d’une mauvaise passe, mais pas à répondre aux Français », a jugé le chef de file de Génération•s.

« Il n’est à aucun moment question de "pouvoir d’achat" dans ce courrier aux Français », a regretté Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, notamment qu’il n’y a « rien non plus sur l’évasion fiscale et les moyens de lutter contre la financiarisation de l’économie ». « Nous ne voulons pas que ce débat soit l’occasion d’éviter de répondre aux questions de justice fiscale et de justice sociale que posent les Français depuis des mois. Il doit encore moins servir à cautionner des politiques d’austérité encore plus sévères. »

 

« Des questions souvent fermées, orientée »

A la droite de la droite, Nicolas Dupont-Aignan pense qu’« avec sa #LettreAuxFrançais, @EmmanuelMacron ne cherche qu’à gagner du temps. Le seul #GrandDébat c’est un #Référendum sur des décisions concrètes. Assez de bla-bla ! », a jugé le président de Debout la France.

Florian Philippot, président des Patriotes, a dénoncé une « lettre aux Français extrêmement longue, illisible, et surtout des questions souvent fermées, orientées, des sujets fondamentaux absents, rien sur l’UE ! »

 

« Un président qui va rendre compte »

Côté LREM, la porte-parole des députés de la majorité, Olivia Grégoire, a au contraire salué « une Lettre aux Français dans laquelle je reconnais totalement Emmanuel Macron : un président qui pose de vrais enjeux sur la table (économie, social), un président qui ouvre toutes les questions notamment celles attendues (citoyenneté), un président qui va rendre compte ».

Frédéric Lefebvre, vice-président du parti Agir, a encensé pour sa part « un débat ouvert et sans aucun tabou proposé au peuple par Emmanuel Macron dans une longue et sincère Lettre aux Français ».