«Grand débat» national: «Nous n'interdisons aucun thème», y compris sur le mariage pour tous, prévient le gouvernement

CONSULTATION CITOYENNE Après le mouvement des « gilets jaunes », le Conseil économique, social et environnemental (Cese), a lancé une consultation en ligne, ouverte à tous et centrée sur six thématiques…

20 Minutes avec AFP

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Chantal Jouanno, la présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) à Issy-les-Moulineaux, le 9 décembre 2015.
Chantal Jouanno, la présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) à Issy-les-Moulineaux, le 9 décembre 2015. — MIGUEL MEDINA / AFP

Alors que le « grand débat national », voulu par Emmanuel Macron, va débuter le 15 janvier prochain, le gouvernement a annoncé que toutes les questions pourraient être abordées. « Nous n’interdisons aucun thème », y compris celui du mariage pour tous, a déclaré Chantal Jouanno, la présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) chargée de son organisation, ce lundi.

La présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) réagissait aux résultats de la consultation en ligne lancée par le Conseil économique, social et environnemental (Cese), où la contribution la plus votée est celle de l’abrogation du mariage pour tous. Invité sur Europe 1, ce lundi, Chantal Jouanno a assuré que « si des personnes veulent organiser une réunion pour rouvrir ce débat, elles sont parfaitement libres de le faire ».

« Nous n’interdisons aucun thème, ensuite c’est au gouvernement de décider ce qu’il en fera ou pas », a-t-elle affirmé.

Près de 6.000 votes pour l’abrogation de la loi Taubira

A la suite du mouvement des « gilets jaunes », le Cese avait lancé jusqu’à vendredi dernier sa propre consultation en ligne, ouverte aux citoyens et centrée sur six thématiques. Sur plus de 9.000 contributions, l’abrogation de la loi Taubira ouvrant le mariage aux couples de même sexe arrive en tête des revendications (5.897 votes), après la mobilisation de réseaux militants très marqués à droite.

« Lors d’une consultation, tous les citoyens sont libres de s’exprimer », rappelle le Cese sur son compte Twitter. « Des collectifs en ont profité pour porter leurs revendications. Nous en avons conscience et nous en tiendrons compte », est-il écrit.

Dans un sujet diffusé par France 2 dimanche soir, le président du Cese, Patrick Bernasconi, confirme que la revendication d’abrogation de la loi Taubira « figure sur la plateforme [de consultation] ».

Un « risque de libérer la parole homophobe »

« Ceux qui voudront l’utiliser pourront l’utiliser, mais nous, nous ne travaillerons pas dessus, pas dans le cadre de l’avis qui sera rendu le 12 mars », a ajouté le président du Cese qui a pour première mission de conseiller le gouvernement et le Parlement par ses avis, qui ne sont que consultatifs. « On ne débat pas des droits humains consacrés ! », a déploré le président de SOS homophobie Joël Deumier, pointant « le risque de libérer la parole homophobe ».

À partir du 15 janvier et jusqu’en mars, quatre thèmes seront au cœur du « grand débat national » auquel les citoyens sont invités à participer : la transition écologique, la fiscalité et les dépenses publiques, la démocratie et la citoyenneté (dont l’immigration), l’organisation de l’État et des services publics.