VIDEO. «Pot de maquillage», «Donald le gâteux»... Joachim Son-Forget, le député LREM habitué aux tweets polémiques

RECAP Le député LREM de la 6e circonscription des Français établis à l'étranger a provoqué une nouvelle polémique sur Twitter au point de faire réagir ce jeudi le patron du parti présidentiel..

L.C.

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Le député des Français de l'étranger Joachim Son-Forget, à l'Assemblée nationale en février 2018.
Le député des Français de l'étranger Joachim Son-Forget, à l'Assemblée nationale en février 2018. — JACQUES DEMARTHON / AFP
  • Le bureau exécutif de LREM va envoyer une «lettre d'avertissement» au député Joachim Son-Forget, après ses propos jugés sexistes contre la sénatrice EELV Esther Benbassa.
  • Ce n'est pas la première fois que le marcheur s'attire les foudres de son parti à cause de ses tweets.
  • En décembre, il avait violemment attaqué Donald Trump sur le réseau social, alors que le président américain avait de nouveau critiqué l'accord de Paris sur le climat.
  • En septembre, sa défense du forain Marcel Campion, qui avait fait des déclarations homophobes, avait été condamnée par de nombreux politiques.

Avec son écharpe Harry Potter et ses lunettes rondes, Joachim Son-Forget a des airs du plus célèbre des sorciers. C’est sur Twitter que le député La République en marche fait des étincelles, à coups de tweets, dont certains suscitent la polémique sur le réseau social. Au point de s’attirer les foudres de ses collègues députés de la majorité après ses attaques contre la sénatrice écologiste Esther Benbassa lundi. Stanislas Guérini, délégué général du mouvement présidentiel, a même annoncé ce jeudi que le bureau exécutif du parti lui enverrait une « lettre d’avertissement ». 20 Minutes revient sur les tweets problématiques semés sur la Toile par Joachim Son-Forget, élu dans la 6e circonscription des Français établis à l’étranger (Suisse et Liechtenstein).

« Le pot de maquillage » d’Esther Benbassa

« Avec le pot de maquillage que vous vous mettez sur la tête, vous incarnez plus que jamais ce que vous tentez maladroitement de caricaturer. Vous le sentez l’amalgame violent maintenant ? », a-t-il tweeté lundi à Esther Benbassa, en réponse à un commentaire de la sénatrice écologiste, qu’il juge lui-même « sexiste ». Elle avait auparavant tweeté ce commentaire, accompagné d’un lien vers un article du Monde : « Brigitte Macron déplore la violence et la vulgarité des gilets jaunes Ce n’est donc pas violent, la pauvreté ? Et elle n’est pas vulgaire, l’arrogance aux dents blanches des riches et des puissants ? »

Ensuite, la machine s’emballe : Esther Benbassa crie au sexisme, de nombreux internautes aussi, des marcheurs s’indignent.

Deux jours plus tard, Gilles Le Gendre, le chef de file des députés LREM tweete que le bureau du groupe parlementaire LREM se désolidarise de Joachim Son-Forget à la suite de « ses propos inadmissibles » contre la sénatrice écologiste. L’intéressé donne plusieurs interviews pour justifier ses propos, se défendre de tout sexisme, et dénoncer les réactions de certains de ses collègues marcheurs. Ambiance…

« Donald Le Gâteux »

Le 8 décembre dernier, c’est au président des Etats-Unis que le député s’en prend, quelques jours après avoir perdu l’élection du délégué général de LREM, face à Stanislas Guerini. Après que Donald Trump a de nouveau attaqué l’accord de Paris sur le climat, Joachim Son-Forget réplique sur Twitter. 

« Donald Le Gâteux est atteint d’incontinence cérébrale… comme un “gâteux” souffre d’incontinence d’urine voire de matières fécales et “gâte” ses draps », écrit-il, avant d’ajouter, en anglais : « n’insulte pas mon pays, radoteur. La France kisses your ass ».

« Un jour et une nuit très triste à Paris », avait écrit plus tôt sur Twitter Donald Trump, au moment où des manifestations violentes des « gilets jaunes » avaient lieu dans la capitale française. « Peut-être qu’il est temps de mettre fin à l’accord de Paris, ridicule et extrêmement cher, et rendre l’argent aux gens en réduisant les impôts », a-t-il aussi suggéré.

Interrogé par l’AFP, Joachim Son-Forget assume sa réaction. « Je sais être mesuré mais quand les choses sont aux antipodes de nos valeurs, il ne faut pas faire le dos rond », assure-t-il. « Je suis parlementaire, pas chef d’Etat. Je défends mon pays et l’assume parfaitement ».

Sa défense de Marcel Campion

Fin septembre, alors que les politiques de tous bords condamnent unanimement des propos de Marcel Campion, une voix dissonante s’exprime sur Twitter. Le forain déclarait dans une vidéo citée par le Journal du dimanche que « toute la ville [Paris] maintenant est gouvernée par des homos ». Le candidat déclaré à la mairie de la capitale précisait aussi qu’il n’avait « rien contre les homos. D’habitude, je dis les « pédés », mais on m’a dit hier qu’il fallait plus que je dise ça. Donc je ne dis plus les pédés, je dis les homos. J’ai rien contre eux, sauf qu’ils sont un peu pervers. »

Répondant à un autre candidat à la mairie, Gaspard Gantzer, Joachim Son-Forget avait tweeté : « non ce n’est pas homophobe il suffit d’écouter en entier de quoi il parle, certes maladroitement, mais pas de sexualité ».

Une réaction très critiquée, notamment par le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, qui s’était dit « atterré » et « très troublé par ces justifications ». Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux avait regretté cette sortie « incompréhensible » du député. Dans une interview à L'Obs, Joachim Son-Forget avait ensuite assuré ne pas relativiser les propos de Marcel Campion mais avoir voulu lancer un débat sur le « name and shame ». Tout en reconnaissant que ses tweets étaient « provocateurs »…