Entre les «gilets jaunes» et la crainte d’un nouvel attentat, une trêve de Noël pour le gouvernement

VACANCES Entre les « gilets jaunes » et la crainte d’un nouvel attentat, le Premier ministre a appelé son équipe à rester sur le qui-vive...

Manon Aublanc

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Emmanuel Macron préside le conseil des ministres le 3 août 2018.
Emmanuel Macron préside le conseil des ministres le 3 août 2018. — VILLARD/SIPA

Si la mobilisation des « gilets jaunes » continue, le gouvernement va tout de même s’accorder quelques jours de repos pour les fêtes de Noël, sans décrocher complètement, a expliqué le Parisien, ce dimanche.

« Tout le monde a besoin de repos, coupez un peu. Mais ne partez pas trop loin quand même, au cas où… », a averti Édouard Philippe lors d’un petit-déjeuner avec les ministres, jeudi dernier à Matignon. Entre les « gilets jaunes » et la crainte d’un nouvel attentat, le Premier ministre a appelé son équipe à rester sur le qui-vive.

« On est tous cramés, vidés, essorés »

C’est notamment le cas pour le ministère de l’Intérieur, qui prépare déjà le dispositif de sécurité pour la nuit du Nouvel An. « Il y a les craintes de débordements traditionnels liés à cette veillée, mais surtout le contexte particulier des dernières semaines », a expliqué un conseiller de Beauvau au Parisien.

Mais au sein du gouvernement, nombreux sont ceux qui entendent couper quelques jours : « On est tous cramés, vidés, essorés. Entre la crise des gilets jaunes et le projet de loi de Finance où il a fallu faire passer les mesures d’urgence pour le pouvoir d’achat, l’équipe est sur les rotules », a précisé un ministre à nos confrères. Un temps de repos relativement rapide puisque le programme de la rentrée est déjà bien chargé : un Conseil des ministres le 4 janvier, un séminaire de rentrée le 9 janvier, puis le lancement du grand débat national.

« Voir le président en train de faire du ski, ce n’est peut-être pas le meilleur message »

Du côté de l’exécutif, Emmanuel Macron, qui est rentré ce dimanche du Tchad, où il a dîné avec les militaires français, devrait s’accorder une semaine de repos. « Il va vraiment couper, pas de déplacement, ni de saut de puce quelque part », a indiqué un proche. « Je sais que je vous demande beaucoup, la tâche qui nous incombe est lourde, elle demande une disponibilité de tous les instants. Et je sais donc ce que cela coûte à vos familles. Donc, prenez aussi du temps pour elles », avait lui même conseillé Emmanuel Macron à ses collaborateurs la semaine dernière.

Selon le Parisien, Emmanuel et Brigitte Macron n’iront pas au fort de Brégançon, ni au Touquet (Pas-de-Calais). Si le chef de l’Etat aurait souhaité retourner  à la station de ski de La Mongie, dans les Hautes-Pyrénées, pour les fêtes, son entourage l’en aurait dissuadé : « Il y a encore des gens sur les ronds-points, la crise n’est pas achevée. Alors voir le président en train de faire du ski pendant ce temps-là, ce n’est peut-être pas le meilleur message à adresser en ce moment », a précisé un conseiller au journal.

Edouard Philippe encore sur le pont ce lundi

Du côté de Matignon, Edouard Philippe est toujours au travail, ce lundi. Le Premier ministre va rencontrer l’unité de policiers motocyclistes, dont trois membres ont été violemment pris à partie samedi par des « gilets jaunes » sur les Champs-Elysées. Pour les jours suivants ? « Je vais voir les épisodes d’Harry Potter, un par un, avec ma fille », a expliqué le chef du gouvernement à ses ministres.

« La palme de l’originalité revient très certainement à Nathalie Loiseau, chargée des Affaires européennes, qui a prévu de partir pour les fêtes à… Londres, la capitale du Brexit », écrit Le Parisien. « Je sais, c’est un peu curieux. Mais des amis m’ont invitée quelques jours, alors… », a-t-elle justifié.