Nicolas Sarkozy en guerre contre «la tyrannie de l'audience»

V.G. (avec agence)

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"Il faut changer profondément notre façon de faire l'Europe", qui "inquiète" les citoyens européens, a déclaré lundi le président Nicolas Sarkozy, à la veille du lancement de la présidence française de l'Union européenne.
"Il faut changer profondément notre façon de faire l'Europe", qui "inquiète" les citoyens européens, a déclaré lundi le président Nicolas Sarkozy, à la veille du lancement de la présidence française de l'Union européenne. — AFP/France3

Nicolas Sarkozy a justifié lundi son projet de suppression de la publicité à la télévision publique par la nécessité de la libérer de la «tyrannie de la publicité» afin d'améliorer la qualité de ses programmes, selon lui trop proches de ceux des chaînes privées.

«J'ai une haute idée du service public et je pense qu'on peut faire mieux», a déclaré le Président de la République lors d'une interview exceptionnelle au journal de France 3. Les personnels de France Télévisions lui avaient réservé un comité d'accueil tout aussi exceptionnel.



«Je trouve que les programmes de France Télévisions ressemblent encore trop aux programmes d'une chaîne privée», a déclaré Nicolas Sarkozy. «Parce que la publicité a une logique, la tyrannie de l'audience quart d'heure par quart d'heure, la tyrannie de la fameuse ménagère de moins de 50 ans», a-t-il fait valoir.

«La télévision devrait être fantastiquement heureuse...»

«Il ne faut pas craindre la réforme, il faut arrêter l'immobilisme, il faut donner aux téléspectateurs français la chance d'un service public de grande qualité», en le dégageant de la «tyrannie de la publicité», a-t-il affirmé. Le chef de l'Etat a souhaité «un vrai débat sur les missions de service public, le cahier des charges», citant des sujets de programme comme l'Europe, la science, l'environnement ou le débat démocratique.

«La télévision devrait être fantastiquement heureuse d'être un sujet de débat, en faisant cela on donne les moyens au service public de son développement», a-t-il affirmé. «Il y avait beaucoup de tristesse, ou de mal être, ou de crise identitaire dans le service public avant que je ne propose cette réforme», a-t-il assuré. Ainsi a parlé le psychologue Sarkozy.

«C'était quand même pas le Moyen-Age»

«Je ne vous laisserai pas tomber, je vous donnerai les moyens de vous développer, mais je ne regarderai pas le service public comme une petite secte qui appartient à quelques micro-organisations, qui descendent de temps en temps dans la rue», a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il fallait «un vrai débat sur les missions de service public». Ces dernières «ne sont pas faites simplement parce qu'on diffuse la messe le dimanche matin, un quart d'heure pour les bouddhistes, 20 minutes pour les musulmans et une émission pour les juifs de France», selon le Président. «Moi quand j'étais enfant - c'était quand même pas le Moyen-Age -, il y avait deux puis trois chaînes. On voyait du théâtre toutes les semaines, on voyait des concerts toutes les semaines, on avait Apostrophes...».