«Gilets jaunes»: Smic, prime exceptionnelle, CSG... Que faut-il retenir des annonces du gouvernement?

MESURES Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, a pris la parole à la sortie du Conseil des ministres, ce mercredi... 

20 Minutes avec AFP
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Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement d'Edouard Philippe.
Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement d'Edouard Philippe. — JC Tardivon/SIPA

Après plusieurs jours de cafouillages, l’exécutif a enfin pris la parole sur les mesures prises pour répondre à la crise des « gilets jaunes », mobilisés depuis plus d’un mois. Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, a pris la parole à la sortie du Conseil des ministres. Voici ce qu’il faut retenir :

Sur le Smic

Le décret revalorisant le Smic de 1,5 % au 1er janvier prochain a été adopté, ce mercredi, en Conseil des ministres, a annoncé Benjamin Griveaux dans son compte rendu. Cette revalorisation mécanique portera, en brut, le Smic horaire de 9,88 à 10,03 euros et le Smic mensuel de 1.498,47 à 1.521,22 euros pour un temps plein, soit une hausse de 22,75 euros, a-t-il précisé.

Pour atteindre l’objectif présidentiel d’une hausse de revenus de 100 euros net pour les salariés gagnant autour du Smic, l’exécutif a choisi de passer par la prime d’activité, qui va augmenter de 90 euros et sera élargie à 5 millions de foyers éligibles. Mais 45 % des personnes au Smic n’auront pas les 100 euros car elles sont dans des foyers qui touchent à deux plus de 3.000 euros net par mois.

Sur la prime exceptionnelle

Une prime exceptionnelle versée par les entreprises aux salariés rémunérés jusqu’à 3.600 euros devra être versée avant le 31 mars, elle concernera « 4 à 5 millions de salariés », a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, à l’issue du conseil des ministres.

Un projet de loi présenté par le gouvernement doit permettre « aux entreprises de verser aux salariés rémunérés jusqu’à 3.600 euros une prime exceptionnelle jusqu’à 1.000 euros qui sera exonérée de toute charge sociale et de l’impôt sur le revenu et devra être versée avant le 31 mars 2019. Cela concerne 4 à 5 millions de salariés », a-t-il déclaré.

Vendredi, le Premier ministre Edouard Philippe avait annoncé vouloir mettre en place cette prime pour « nos concitoyens salariés qui ont les rémunérations les plus modestes », précisant que cette somme « ne peut pas se substituer à des dispositions qui existeraient déjà soit dans les contrats de travail des salariés soit dans le cadre d’accords collectifs ». Des entreprises comme Orange, Publicis, LVMH ou encore Altice ont, d’ores et déjà, indiqué qu’elles verseraient des primes exceptionnelles de fin d’année à leurs salariés.

Sur la CSG

Alors qu’Emmanuel Macron avait annoncé que la suppression de la hausse de la CSG interviendrait début 2019, les retraités, touchant moins de 2.000 euros par mois, ou 3.000 euros pour un couple, devront finalement attendre, au plus tard, le 1er juillet prochain. Ces derniers seront remboursés, de manière rétroactive, des sommes versées depuis le 1er janvier 2019.​​

Sur les mesures d’urgence

Le court projet de loi sur les mesures sociales «d'urgence» annoncée par Emmanuel Macron le 10 décembre a été déposé, ce mercredi avant midi, sur le bureau de l'Assemblée nationale, a annoncé le porte-parole du gouvernement.

L'exonération élargie de la hausse de la CSG, qui concernera désormais 5 millions de retraités (70%) sera appliquée «au plus tard» le 1er juillet avec remboursement rétroactif au 1er janvier, a précisé Benjamin Griveaux. La prime exceptionnelle défiscalisée que peuvent verser les employeurs devra être versée avant fin mars.

Sur le « débat national »

Le « grand débat » qui doit commencer en janvier devra déboucher « fin mars-mi avril » sur « des décisions très concrètes, en fonction des consensus identifiés » mais sans « détricoter » les décisions prises par le gouvernement depuis 18 mois, a-t-il expliqué.

« Ce n’est pas rejouer la présidentielle de 2017, ce n’est pas non plus détricoter ce que le gouvernement et le Parlement ont mis en place depuis 18 mois », a-t-il dit, interrogé sur ceux qui demandent de rétablir l’ISF. « Si on passe son temps à détricoter en moins d’un an ce qui a été fait, cela ne s’appelle pas gouverner, ça s’appelle zigzaguer ! », a-t-il lancé.