«Gilets jaunes»: Le gouvernement renonce à une partie des premières mesures annoncées mi-novembre

MOBILISATION L’exécutif compte notamment renoncer à l’extension du chèque énergie à deux millions de foyers supplémentaires...

20 Minutes avec AFP

— 

Edouard Philippe avant son allocution le 4 décembre 2018 à Paris.
Edouard Philippe avant son allocution le 4 décembre 2018 à Paris. — AFP

Le gouvernement compte renoncer à une partie des mesures annoncées par Edouard Philippe mi-novembre au début du mouvement des « gilets jaunes », au motif que certaines d’entre elles ne s’imposent plus en raison notamment de l’annulation de la hausse des taxes sur le carburant, a confirmé Matignon ce mardi.

Dans le budget 2019 en cours d’adoption à l’Assemblée nationale, l’exécutif compte notamment renoncer à l’extension du chèque énergie à deux millions de foyers supplémentaires, a indiqué Matignon, sollicité sur le devenir de ces mesures « d’accompagnement » annoncées mi-novembre par le Premier ministre. Autres mesures abandonnées : le relèvement du barème kilométrique et le doublement de la prime à la conversion pour les gros rouleurs, confirme l’entourage du Premier ministre, pour une économie totale de 130 millions d’euros sur les 500 millions que devaient coûter ces premières mesures au total. Depuis l’exécutif a annoncé diverses mesures de pouvoir d’achat pour plus de 10 milliards d’euros.

La hausse de 50 euros du chèque énergie et la «surprime» à la conversion maintenues

Depuis la mi-novembre, le gouvernement a annoncé « l’annulation de toute hausse des taxes sur l’énergie en 2019 » et « des mesures très fortes en faveur du pouvoir d’achat. Par conséquent, certaines mesures d’accompagnement annoncées le 14 novembre ne seront pas intégrées au projet de loi de finances », fait valoir Matignon.

La hausse de 50 euros en moyenne du chèque énergie au 1er janvier pour les bénéficiaires actuels (environ 3,6 millions de foyers) ainsi que la « surprime » à la conversion des voitures pour les foyers modestes sont en revanche maintenues. « En revanche, l’extension du chèque énergie à 2 millions de nouveaux bénéficiaires, à hauteur de 60 euros annuels en moyenne, ne sera pas réalisée », explique Matignon.

Le grand débat national pour écouter « l'avis des Français »

« Les crédits prévus dans le projet de loi de finances pour la prime à la conversion ne seront pas diminués, compte tenu du fort dynamisme de ce dispositif », souligne Matignon. « En revanche, dans le contexte des négociations, le relèvement du barème kilométrique et le doublement de la prime à la conversion pour les actifs qui se déplacent beaucoup ne feront pas partie du budget », explique-t-on de même source.

Matignon rappelle avoir « invité les partenaires sociaux à engager une négociation sur la prime mobilité » et que le prochain « grand débat national » sera l’occasion à écouter « l’avis des Français sur les dispositifs d’accompagnement à la transition énergétique, pour les améliorer et les rendre plus efficaces ».