VIDEO. «Gilets jaunes»: Malgré «la confiance du président», l'avenir de Philippe en question

POLITIQUE Le Premier ministre a écarté l'hypothèse d'une démission, jeudi soir, mais il fait face à une fronde de plusieurs proches d'Emmanuel Macron...

20 Minutes avec AFP

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Edouard Philippe et Emmanuel Macron lors d'une réunion à l'Elysée, le 27 novembre 2018.
Edouard Philippe et Emmanuel Macron lors d'une réunion à l'Elysée, le 27 novembre 2018. — Blondet Eliot-POOL/SIPA

Au foot, quand un entraîneur assure avoir le soutien des dirigeants, c’est en général qu’il est sur la sellette. Invité du JT de TF1, jeudi soir, Edouard Philippe a écarté l’hypothèse d’une démission, assurant qu’il travaillait avec « le soutien de la majorité » et « la confiance du président » Emmanuel Macron. En pleine crise des « gilets jaunes », son avenir à Matignon reste toutefois en question.

Cafouillage sur l’annulation de la taxe

Mercredi, 15H00, devant les députés : Édouard Philippe annonce que la hausse de la taxe carbone ne figurera dans le budget 2019. Mais il laisse la porte ouverte à un retour, en cas d’hypothétique accord lors de la concertation de trois mois prévue par l’exécutif. L’Élysée juge que le chef du gouvernement ne va pas assez loin, et appelle alors des journalistes pour dire que la taxe est «annulée» et ne sera pas remise sur la table au cours de l’année 2019. À la fin du débat au Parlement, Édouard Philippe annonce plus que clairement que «la hausse de cette taxe est désormais abandonnée dans le PLF 2019», sans évoquer cette fois l’hypothèse d’un retour plus tard dans l’année.

Sollicité par l’AFP, l’Élysée a assuré de l'«harmonie parfaite» entre Président et Premier ministre. «Alignement intégral», assure pour sa part Matignon, en soulignant le net soutien de la majorité au Premier ministre lors du vote à l’Assemblée. Mais le cafouillage a révélé encore un peu plus la bataille qui se mène dans les coulisses du pouvoir, où un axe Matignon-Bercy de plus en plus affaibli tente depuis plusieurs semaines de reculer le moins possible face à la violente fronde contre la hausse des taxes sur le carburant et sur le pouvoir d’achat et les impôts en général.

Philippe face à un front « social » LREM

En face, un camp où l’on retrouve notamment le patron du MoDem François Bayrou, le président de l’Assemblée Richard Ferrand, l’influent conseiller Philippe Grangeon ou encore le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian… Des macronistes qui poussent pour un changement de cap plus social. Trop techno, trop raide, trop orthodoxe… «Philippe a fait une ligne politique qui malgré toutes ses qualités et son humour nous a plantés», juge un député LREM.

Le président, tombé à 18 % d’opinions favorables selon un sondage YouGov publié jeudi, envoie son Premier ministre, tombé lui à 21 %, pour annoncer plusieurs gels fiscaux. Trop peu et trop tard, répliquent l’opposition et les «gilets jaunes», dont le mouvement et les revendications se sont radicalisés de week-end en week-end.

« Je ne vois pas comment il peut aller aux européennes »

Pour un des tenants du changement de cap, Édouard Philippe est déjà condamné. «Même si les choses se passent pas trop mal ce week-end, le gouvernement ne pourra tenir que quelques semaines. Jusqu’à fin février disons. Mais je ne vois pas comment il peut aller aux européennes», juge ce pilier de la majorité.

Débarquer Édouard Philippe, oui, mais pour quoi faire ? rétorquent d’autres, encore nombreux, dans la majorité. Emmanuel Macron, lui, veut à tout prix éviter de «changer de cap» sur le fond en cours de quinquennat, comme l’avaient fait Nicolas Sarkozy en 2008 ou François Hollande en 2014.«Et puis qui trouvera un Premier ministre aussi loyal qu’Édouard Philippe ? D’autant qu’il lui faut quelqu’un à droite à Matignon», fait valoir un ami du Premier ministre.