VIDEO. «Gilets jaunes»: Daniel Cohn-Bendit met en garde contre la «tentation totalitaire» du mouvement

MOBILISATION Si un moratoire doit être annoncé, ce mardi, Daniel Cohn-Bendit estime que le gouvernement doit aller plus loin, notamment en se penchant sur l’ISF…

Manon Aublanc

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L'ancien eurodéputé Daniel Cohn-Bendit en janvier 2015.
L'ancien eurodéputé Daniel Cohn-Bendit en janvier 2015. — IBO/SIPA

S’il estime que la mobilisation des « gilets jaunes » ne peut pas être comparée aux manifestations et aux grèves de mai 1968, Daniel Cohn-Bendit, leader de la contestation il y a cinquante ans, a tout de même mis en garde, ce mardi au micro de France Inter, contre la « tentation autoritaire » qu’il perçoit dans le mouvement social, appelant Emmanuel Macron à « se remettre en cause ».

« On n’est pas dans une période révolutionnaire. On est dans une période de tentation autoritaire », a alerté l’ancien eurodéputé qui a soutenu Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle. « Il y a une véritable crise sociale, un véritable problème de fracture sociale, d’illégalité et d’injustice dans ce pays. Mais il y a aussi une tentation pour répondre à ça, parce que la démocratie n’a pas réussi, une tentation autoritaire et totalitaire », a-t-il mis en garde.

« Il faut en même temps remettre tout sur la table »

Pour Daniel Cohn-Bendit, cette dérive est issue des menaces exercées sur les « gilets jaunes », par d'autres manifestants notamment, qui souhaitent entamer des discussions avec l’exécutif. « Jamais en 1968, quelqu’un aurait menacé de mort quelqu’un qui voulait discuter », a-t-il expliqué. « S’il y a des "gilets jaunes" qui veulent négocier et qu’ils n’y vont pas parce qu’ils ont peur pour leur vie, le type de société qui peut émerger de ces tendances, moi, ça me fait peur », a-t-il ajouté.

Certains « gilets jaunes » souhaitent que le général Pierre de Villiers, ancien chef d’Etat-major d’Emmanuel Macron qui avait démissionné l’été dernier, soit nommé à Matignon, une volonté qui inquiète « Dany le Rouge », comme il était surnommé en mai 1968. Cette année-là, « on se battait contre un général au pouvoir. Les gilets jaunes aujourd’hui demandent un "gilet jaune" au pouvoir. […] On a découvert tout d’un coup que l’idéal politique de "gilets jaunes" […] c’est "il faut une main forte" ».

Un moratoire « ne suffit pas »

Si Edouard Philippe doit annoncer, ce mardi, un moratoire sur la hausse de la taxe sur les carburants, Daniel Cohn-Bendit estime qu'« il ne suffit pas » et que le gouvernement doit aller plus loin, notamment en se penchant sur l’ISF qui a été partiellement supprimé.

« C’est au président de la République de dire où il va aller, où il faut aller. Il faut en même temps remettre tout sur la table, l’ISF, toute la fiscalité. Il faut faire un geste », a-t-il réclamé.