Dominique Strauss-Kahn lance un club de réflexion pour réfléchir à l'avenir

ENJEUX L’objectif ? Créer une structure composée d’intellectuels, de syndicalistes, de dirigeants d’entreprises et d’économistes pour définir les futurs grands thèmes de société…

Manon Aublanc

— 

DSK en février 2015 à Lille.
DSK en février 2015 à Lille. — Christophe Ena/AP/SIPA

Il fait son grand retour sur le devant de la scène médiatique. Dominique Strauss-Kahn, discret depuis l’affaire du Sofitel à New York en 2011 où il a été accusé d’agression sexuelle et de tentative de viol, a lancé, lundi soir, un club de réflexion pour penser à l’horizon 2025-2050, explique le Parisien.

Mais l’ancien ministre de l’Economie est clair, ce nouveau « club d’élaboration » d’une pensée progressiste n’est pas l’occasion de relancer sa carrière politique. « Rien ne m’agace plus que le maintien de sexagénaires qui visiblement ont du mal à quitter la scène », a déclaré DSK devant les 80 personnes réunies pour la soirée de lancement, dans les locaux d’une start-up du Xe arrondissement.

« De grands champs sont délaissés par la réflexion »

« C’est tout sauf un retour en politique active, mais comme il est toujours intéressé par le politique et qu’il est souvent sollicité, il a décidé de lancer ce lieu d’élaboration collective d’un projet réformiste », a expliqué Laurent Azoulai, un de ses proches, au Parisien. « Dominique fait don de son corps », a-t-il ajouté.

L’objectif ? Créer une structure composée d’intellectuels, de syndicalistes, de dirigeants d’entreprises et d’économistes pour définir les grands thèmes 2025-2050. « De grands champs sont délaissés par la réflexion, pas seulement en France », a déclaré DSK évoquant, entre autres, la répartition des richesses, l’allongement de l’espérance de vie et ses conséquences ou encore la démocratie parlementaire.

DSK se dit « désespéré de ne pas voir de vrais débats »

« Il faut absolument préparer les éléments de réflexion de ce que sera l’avenir, que visiblement le parti majoritaire à l’Assemblée ne prépare pas », a-t-il lancé, avouant être « désespéré de ne pas voir de vrais débats ». « Ça vaut la peine d’essayer de comprendre ce qui se passe », a-t-il ajouté.

Resté (plus ou moins) silencieux depuis l’affaire du Sofitel, en janvier, l’ancien candidat à la présidentielle de 2012 s’était exprimé en juin 2017, lors de la disparition de l’ancienne ministre, Nicole Bricq. Lors de l’hommage, en présence d’Emmanuel Macron, DSK avait affirmé que le clivage entre droite et gauche était « nécessaire à l’équilibre de la société », avant de : « les mêler, ce n’est pas les confondre ».