«Gilets jaunes»: La rencontre prévue mardi après-midi à Matignon est annulée

MOBILISATION A l’exception d’Europe Écologie-Les Verts et de Génération Écologie, tous les partis d’opposition ont plaidé pour un « moratoire » dans la hausse des taxes sur le carburant…

20 Minutes avec AFP

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Edouard Philippe est Premier ministre depuis mai 2017.
Edouard Philippe est Premier ministre depuis mai 2017. — LUDOVIC MARIN / AFP

Matignon a confirmé, ce mardi matin, l’annulation de la réunion prévue avec une délégation de « gilets jaunes » dit « libres » prévue cet après-midi. La plupart des membres de cette délégation avaient prévenu lundi qu’ils ne se rendraient pas à la réunion avec le Premier ministre Edouard Philippe pour « raisons de sécurité », du fait de menaces contre eux s’ils s’y rendaient.

L’exécutif avait annoncé ce week-end un cycle de consultations lundi et mardi avec les représentants des partis politiques et des « gilets jaunes » pour tenter de dénouer la crise. Cependant, selon France Inter, le chauffeur de taxi nantais David Tan, cosignataire de la tribune des « gilets jaunes libres », ne rencontrera pas Edouard Philippe ce mardi. « Compte tenu des déclarations faites à la presse et faute de participants, Anne Clerc [directrice de cabinet de Matignon] a confirmé que la réunion à Matignon était annulée », a fait savoir le chauffeur de taxi nantais. Ce dernier avait auparavant assuré vouloir rencontre le Premier ministre, malgré les menaces des autres « gilets jaunes ».

Un moratoire sur la hausse de la taxe sur les carburants

Plus tôt dans la matinée, une question était encore sur toutes les lèvres : l’exécutif allait-il annoncer un geste pour sortir de la crise née de la contestation de la hausse des taxes sur le carburant ? La réponse n’a pas tardé. Selon plusieurs sources gouvernementales, il s’avère qu’Edouard Philippe devrait annoncer, ce mardi, un moratoire sur la hausse de la taxe sur les carburants prévue le 1er janvier, afin de tenter d’apaiser la fronde des « gilets jaunes ».

Ce moratoire de plusieurs mois, ou « suspension » dans sa qualification gouvernementale, doit être assorti d’autres mesures d’apaisement, selon ces mêmes sources. Le chef du gouvernement doit présenter les arbitrages de l’exécutif, décidés lundi soir à l’Elysée sous la présidence d’Emmanuel Macron, devant les députés LREM en réunion de groupe parlementaire mardi matin à l’Assemblée.

« L’urgence » d’un « geste d’apaisement »

Pour rappel, une réunion au sommet s’est tenue lundi soir à l’Elysée autour d’Emmanuel Macron, Edouard Philippe et une dizaine de ministres, parmi lesquels François de Rugy (Transition écologique) et Bruno Le Maire (Economie). L’Elysée, laissant augurer des annonces rapidement, a rapporté que cette entrevue avait « permis d’échanger sur les réponses à apporter aux mobilisations en cours. »

Auparavant, le Premier ministre avait reçu les chefs des formations politiques représentées au Parlement. Allié du parti présidentiel La République en marche, le MoDem a fait valoir « l’urgence » d’un « geste d’apaisement ». A l’exception d’Europe Ecologie-Les Verts et de Génération Ecologie, toutes les formations d’opposition avaient plaidé pour un « moratoire » dans la hausse prévue le 1er janvier des taxes sur le carburant, mot d’ordre initial du mouvement des « gilets jaunes » dont la dernière manifestation samedi a donné lieu à de nombreuses scènes de violence, notamment à Paris.