«Gilets jaunes»: Instaurer l’état d’urgence? Christophe Castaner dit ne pas avoir de «tabou»...

MOBILISATION Deux syndicats de policiers demandent la mise en place de ce régime d'urgence...

20 Minutes avec AFP

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Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, le 9 novembre 2018 dans l'Essonne.
Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, le 9 novembre 2018 dans l'Essonne. — SIPA

« Je n’ai pas de tabou », a indiqué samedi soir le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, interrogé sur l’opportunité d’instaurer l’état d’urgence, une mesure préconisée par deux syndicats policiers. « Nous étudierons toutes les procédures qui nous permettront de sécuriser plus encore », a souligné le ministre sur BFM-TV. Questionné sur la possibilité d’instaurer l’état d’urgence après les débordements en marge de la mobilisation des « gilets jaunes », Christophe Castaner a répondu : « Tout ce qui permettra de sécuriser plus, moi je n’ai pas de tabou. Je suis prêt à tout regarder ».

L’instauration de l’état d’urgence a été notamment demandé samedi soir par le syndicat de police Alliance et suggéré par le syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN). « On est dans un climat insurrectionnel », a dénoncé le numéro 2 du premier syndicat de gardiens de la paix, Frédéric Lagache. « Il faut taper du poing sur la table », a-t-il ajouté.

Un régime d'exception pour des situations exceptionnelles

Le ministre a comparé les auteurs des violences survenues samedi dans la capitale à des « factieux, des séditieux ». « On a identifié à peu près 3.000 personnes qui ont tourné dans Paris » et ont commis des dégradations, « ce qui a rendu effectivement beaucoup plus difficile l’intervention des forces de l’ordre », a expliqué le ministre. « Tous les moyens de la police, de la gendarmerie, de la sécurité civile étaient mobilisés aujourd’hui », à Paris et en régions, a mis en avant Christophe Castaner, précisant que 4.600 policiers et gendarmes ont été mobilisés dans la capitale.

Alliance réclame le « renfort de l’armée pour garder les lieux institutionnels et dégager ainsi les forces mobiles d’intervention », a détaillé le syndicat dans son communiqué. « Face à des mouvements insurrectionnels, pour protéger les citoyens et assurer l’ordre public, il y a des mesures exceptionnelles à envisager. L’état d’urgence en fait partie », a tweeté le SCPN.

Ce régime d’exception avait notamment été mis en place après les attentats terroristes de Paris de 2015, mais aussi après les émeutes de novembre 2005 dans les banlieues.