«Gilets jaunes»: Le rendez-vous avec Philippe vire au fiasco

MOBILISATION Le Premier ministre décrit néanmoins une discussion "intéressante"...

20 Minutes avec AFP

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Edouard Philippe, le 31 octobre 2018 à Matignon.
Edouard Philippe, le 31 octobre 2018 à Matignon. — Thibault Camus/AP/SIPA

La rencontre prévue à Matignon entre Edouard Philippe et les «gilets jaunes» a tourné au fiasco vendredi, le Premier ministre assurant toutefois que «la porte de Matignon [serait] toujours ouverte» aux représentants de ce mouvement.

«J'ai demandé à plusieurs reprises à ce que cet entretien soit filmé et retransmis en direct à la télévision, cela a été refusé», a déclaré à la presse Jason Herbert, l'un des huit membres de la délégation qui avait émergé en début de semaine, avant de repartir après quelques minutes d'un dialogue de sourds.

Un rendez-vous manqué

Ni Jason Herbert, ni Matignon n'ont révélé l'identité du «gilet jaune» resté ensuite plus d'une heure avec Edouard Philippe et le ministre de la Transition écologique François de Rugy. «Cet échange a eu lieu, avec moins de représentants que j'espérais, mais il a eu lieu et je pense que c'était important qu'il ait lieu», a déclaré le Premier ministre après une discussion qu'il dit avoir jugée «utile» et «intéressante», à la veille de la troisième journée de manifestation nationale du mouvement qui dénonce notamment l'injustice fiscale.

«Il aurait été incompréhensible», a-t-il ajouté, qu'il n'y ait «pas ce moment d'échanges avec les représentants des gilets jaunes» après avoir reçu «tous les représentants des associations, des syndicats, des élus locaux, des corps intermédiaires» dans le cadre de trois mois de concertation voulus par le président Emmanuel Macron.

«D'énormes pressions»

Jason Herbert, chargé de communication dans une médiathèque d'Angoulême, est l'une des figures du mouvement en Charente. Il était arrivé à Matignon vers 14H30, une demi-heure après l'horaire prévu.​

«Aujourd'hui nous ne sommes que deux, nous avons tous reçu d'énormes pressions» émanant «à 99%» d'autres «gilets jaunes», a-t-il affirmé, avant de réitérer que la délégation avait été dissoute il y a 48 heures, après avoir rempli sa mission consistant à lancer le dialogue avec le gouvernement.