VIDEO. Qui est Stanislas Guerini, le «Macron boy» qui prend la tête de La République en marche?

PORTRAIT Le député de Paris Stanislas Guerini, un ancien strauss-kahnien, a été élu délégué général de La République en marche ce samedi...

Laure Cometti

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Le député de Paris Stanislas Guérini, ici le 24 octobre 2018 à l'Assemblée, est en passe de devenir le patron de La République en marche le 1er décembre 2018.
Le député de Paris Stanislas Guérini, ici le 24 octobre 2018 à l'Assemblée, est en passe de devenir le patron de La République en marche le 1er décembre 2018. — Bertrand GUAY / AFP
  • Le député de Paris Stanislas Guerini, un ancien strauss-kahnien, s'est imposé pour diriger La République en marche, en misant sur ses talents de manager.
  • Membre fondateur d'En marche!, il était l'ultra-favori du scrutin interne qui a désigné le nouveau délégué général du parti présidentiel, après la démission de Christophe Castaner nommé place Beauvau.

Il n’y avait guère de suspense. Stanislas Guerini a pris les rênes de La République en marche samedi. Le Conseil du parti créé par Emmanuel Macron se réunissait à Nogent-sur-Marne, en région parisienne, pour voter et départager le député de Paris et Joachim Son-Forget, député des Français de l’étranger. Qui est cet homme de 36 ans, ultra-favori pour devenir le délégué général du parti majoritaire ?

Un ex- « DSK boy »

Membre fondateur d’En marche !, Stanislas Guerini fait partie des « Macron boys », ces compagnons de route d’Emmanuel Macron qui l’ont soutenu dès les prémices de son ambition présidentielle. Né à Paris, il a fait de bonnes études, passant par l’Ecole alsacienne et le lycée Henri IV avant d’intégrer l’école de commerce HEC, dont il a dirigé le bureau des élèves, en battant Cédric O, désormais conseiller à l’Elysée. C’est à cette époque qu’il fait ses premiers pas en politique, « conquis intellectuellement » par Dominique Strauss-Kahn. « A travers ses écrits d’abord », se souvient-il, citant « Pour l’égalité réelle » et La Flamme et la cendre.

Pendant un an, l’étudiant contribue au club de réflexion « À gauche en Europe », fondé par DSK et Michel Rocard, avant de participer à la campagne du premier lors de la primaire socialiste de 2006. « C’était un moment passionnant, j’ai appris que la politique, ce n’est pas que des idées, c’est aussi les imposer », explique-il à 20 Minutes. C’est rue de la Planche, au QG parisien de DSK, qu’il fait la connaissance d’Ismaël Emelien, Cédric O et Benjamin Griveaux. La bande strauss-kahnienne se retrouvera plusieurs années plus tard pour mener la campagne d’Emmanuel Macron et occupe actuellement des postes clés au sommet de l’Etat.

Patron de PME

Stanislas Guerini, père de deux enfants, met aussi en avant sa carrière d’entrepreneur et de chef d’entreprise. Après la défaite de DSK à la primaire, il se tient un temps à l’écart de la politique et crée une PME spécialisée dans les énergies renouvelables, dont le photovoltaïque, qu’il dirige pendant huit ans. « J’ai découvert la vraie vie », estime-t-il, se souvenant de ses « angoisses » lorsque le secteur traverse une crise et qu’il se demandait s’il pourrait payer sa trentaine de salariés actionnaires à la fin du mois. « J’ai aussi eu une vision des politiques publiques depuis le terrain, et des conséquences qu’elles peuvent avoir quand il n’y a ni visibilité ni cohérence ».

« C’est un bosseur », loue un macroniste. Au QG du parti, où plus de 80 permanents s’affairent, « on a besoin d’un manager », estime un responsable. «Il est très intelligent», loue son collègue député et mathématicien Cédric Villani. Mais son profil lui est reproché par d’autres. « Il est gentil mais il a un côté trop technocrate, trop parisien », déplore un parlementaire. Après avoir participé à la construction d’En marche !, Stanislas Guerini, élu député de la 3e circonscription de Paris (17ème et 18ème arrondissements) en juin 2017, s’apprête donc à en prendre la direction. Entre-temps, après l’effervescence des campagnes présidentielle et législative, le parti a traversé des zones de turbulences.

D’importants chantiers

Depuis qu’Emmanuel Macron en a lâché les rênes, le mouvement n’est pas parvenu à se trouver un ou une chef, et six personnes l’ont dirigé en un peu moins de deux ans. Le passage éclair de Christophe Castaner, pressé de quitter ce poste qui lui avait été plus ou moins imposé par l’Elysée pour être nommé place Beauvau, a laissé des traces. Le scrutin interne prévu samedi a provoqué des tensions, avec le retrait de Pierre Person, député de Paris et candidat déclaré, qui a jeté l’éponge sous les pressions de l’entourage de « Stan ». « Une histoire de copains », résume tristement un député de la majorité.

Le futur DG du mouvement souhaite faire « franchir une nouvelle étape de maturité » au parti, né « start-up » et appelé à « s’implanter et construire dans le temps long ». « Je compte bien faire mon mandat, si je suis élu, ce sera le seul job qui m’obsédera pendant trois ans », assure Stanislas Guerini au sujet du turnover à la direction du parti. « Il y a une flamme à rallumer au mouvement ». Il mise pour cela sur les adhérents, « qu’il faut remettre au cœur du parti », et les prochaines échéances électorales. « Il faut qu’on reparte en campagne », lance-t-il, déjà concentré sur les européennes et les municipales.