Strasbourg: Insertion et lutte contre la pauvreté, l'idée d'un revenu universel d'activité pour remplacer le RSA

PAUVRETE Le président du conseil départemental du Bas-Rhin, Frédéric Bierry, est chargé de définir le cadre des mesures en matière d’insertion et d’accompagnement du plan national de lutte contre la pauvreté…

Gilles Varela
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Frédéric Bierry, président du conseil départemental du Bas -Rhin, avec Brigitte Klinkert, présidente du conseil départemental du Haut-Rhin. Illustratio
Frédéric Bierry, président du conseil départemental du Bas -Rhin, avec Brigitte Klinkert, présidente du conseil départemental du Haut-Rhin. Illustratio — SIPA
  • Frédéric Bierry, président du conseil départemental du Bas-Rhin est chargé de préparer le cadre contractuel des mesures en matière d’insertion dans le cadre du plan national de la prévention et de lutte contre la pauvreté.
  • Pour remplir cette mission, Frédéric Bierry compte prendre le meilleur de chaque département.
  • Proximité, accompagnement, l’élu doit aussi lancer la réflexion sur un contrat universel d’activité qui pourrait éventuellement se substituer au RSA.

Certaines de ses préconisations ont été entendues. Le président du conseil départemental du Bas-Rhin, Frédéric Bierry, est chargé de contractualiser entre l’Etat et les départements des mesures en matière d’insertion et d’accompagnement dans le cadre du plan national de lutte contre la pauvreté. Un plan annoncé par le président de la République mi-septembre. Ce cadre devrait être mis en place d’ici à deux mois. Le plan d’action du chargé de mission ? Partir de l’expérience du terrain. « Nous allons voir dans un certain nombre de départements les bonnes pratiques, puis les essayer dans l’ensemble des départements », explique Frédéric Bierry.

Un exemple concret ? « Suite à la numérisation des inscriptions au RSA, on s’est rendu compte qu’on avait parfois des délais très longs, parfois plusieurs mois, entre le moment où une personne s’inscrit et le moment où elle rencontre pour la première fois un conseiller emploi ou un travailleur social, illustre Frédéric Bierry. Pourtant, des expériences dans certains départements ont permis de réduire ce délai à moins d’un mois. L’idée est de regarder ce qu’il y a de meilleur pour gagner en qualité d’accompagnement des personnes. » Etre plus efficace et rapide mais aussi renforcer la responsabilité de chacun. « On est dans une logique de bienveillance responsable, assure Frédéric Bierry. On ne laisse personne au bord du chemin, mais chacun contribue. Celui qui bénéficie de l’accompagnement doit être aussi dans l’engagement. Cela passe aussi par des contrôles, c’est de l’argent public qui va bien à ceux qui en ont besoin et pas à ceux qui tirent sur le système. »

Renforcement de l’accompagnement

Contrôles, mais aussi renforcement de l’accompagnement. « Le président de la République a proposé qu’on travaille sur un revenu universel d’activité. Il pourrait se substituer, peut-être progressivement, au revenu de solidarité active (RSA). Cela mérite d’être travaillé à partir des réalités du terrain, pour construire une politique publique plus efficace », assure Frédéric Bierry qui n’exclut pas de l’expérimenter dans le Bas-Rhin. Des réflexions qui partent aussi d’un constat, celui d’un mécontentement. « Notre modèle social paraît dépassé : les personnes qui en bénéficient ne le trouvent pas satisfaisant et ceux qui contribuent financièrement ne le considèrent pas comme efficace. C’est l’occasion de remettre à plat ce modèle. Un revenu universel d’activité peut être une initiative à expérimenter. »

Pour l’heure, l’idée est, « en fonction de leurs possibilités, de leurs capacités, à raison même d’une heure par semaine, de permettre aux bénéficiaires d’être reconnus dans ce temps qu’ils vont consacrer à un travail, une utilité sociale, de la formation, pour ne plus être stigmatisés, dévalorisés et pour les accompagner. Ce n’est pas l’idée de la contrainte mais celle de la dignité. »

Autre axe de réflexion pour favoriser le retour à l’emploi, la proximité. « On doit travailler sur le circuit court de l’emploi en tenant compte à la fois des besoins, des potentiels des personnes, mais aussi des besoins des entreprises, souligne Frédéric Bierry. On doit travailler avec les entreprises, les organismes de formations, l’ensemble des acteurs locaux, les collectivités pour trouver des solutions vraiment sur mesures. »