«Gilets jaunes»: Emmanuel Macron veut défendre une «nouvelle méthode» pour renouer le dialogue

POLITIQUE L'exécutif dit vouloir garder le cap de la transition écologique mais avec un «pacte social» d'accompagnement qu'Emmanuel Macron doit expliquer ce mardi...

T.L.G.

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Emmanuel Macron en «gilet jaune» (bon, c'était à Whirlpool en octobre 2017)
Emmanuel Macron en «gilet jaune» (bon, c'était à Whirlpool en octobre 2017) — PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP
  • Emmanuel Macron annoncera ce mardi des mesures « à court et à long terme » pour répondre aux « colères » exprimées par les « gilets jaunes ».
  • Après dix jours de crise, la majorité veut renouer le dialogue.
  • Dans le même temps, une « délégation » de huit « communicants officiels » des « gilets jaunes » a été créée ce lundi pour engager une « prise de contact » avec les autorités.

Face aux «gilets jaunes», Emmanuel Macron tente de reprendre la main. Pour répondre à la grogne contre la hausse des taxes sur les carburants et le recul du pouvoir d’achat, le chef de l’Etat devrait détailler ce mardi les mesures d’accompagnement du «pacte social» en profitant de la présentation de la programmation pluriannuelle de l’énergie jusqu’en 2028.

« Cette France attend des réponses à ses colères, cela passe par une nouvelle méthode mais pas par un changement de cap », a résumé le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, lundi, à l’issue du conseil des ministres. L’exécutif a légèrement corrigé le tir, en renonçant au péage urbain et en ajournant la vignette poids lourds en marge de la loi d’orientation des mobilités. « Il fallait calmer le jeu », se satisfait un député de la majorité. Après dix jours de protestation, l’exécutif entend désormais renouer le dialogue.

« Il est temps de renouer avec la méthode initiale d’En Marche »

Depuis plusieurs jours, plusieurs députés de La République en marche poussent le gouvernement à sortir de la crise. « Ce mouvement est très inhabituel, sans véritables leaders, et fonctionne sur les réseaux sociaux. L’enjeu est de parvenir à mettre en relation les élus, les syndicats, les «gilets jaunes» et les citoyens, assure Thomas Mesnier, le député LREM de Charente. On est entrés dans les institutions de la Ve République mais il est temps de renouer avec la méthode initiale d’En Marche, en s’appuyant sur les remontées de terrain et en remettant les syndicats dans la boucle. »

La semaine dernière, Edouard Philippe avait pourtant balayé la proposition de Laurent Berger, le patron de la CFDT, de réunir les acteurs sociaux pour construire un « pacte social de la conversion écologique ». Mais cette initiative avait largement séduit au sein de la majorité, de la présidente de la Commission des affaires sociales Brigitte Bourguignon, à François de Rugy ou encore François Bayrou. « J’aimerais que le gouvernement et le président fassent encore plus, en allant sur les territoires rencontrer les Français. Il faut qu’on crée les moyens du dialogue », abonde le député du MoDem Erwan Balanant.

Dans le même temps, une « délégation » de huit « communicants officiels » des « gilets jaunes » a été créée lundi pour engager une « prise de contact sérieuse et nécessaire » avec les autorités et porter une série de revendications. L’Elysée avait toutefois démenti vendredi dernier tout projet de rencontre avec des représentants du mouvement.

Un Haut-conseil pour le climat en débat

Emmanuel Macron compte surtout s’appuyer sur la création d’un « Haut Conseil pour le climat », composé de 13 experts et scientifiques, qu’il installera officiellement ce mardi. L’installation de cette structure est destinée « à susciter moins de crispations » sur la « politique énergétique et ses conséquences fiscales », précisait le JDD dimanche.

Mais certains « gilets jaunes » envisagent déjà une nouvelle journée de mobilisation le samedi 1er décembre. L’opposition, elle, crie au scandale. « Les Français disent qu’ils ne peuvent plus boucler les fins de mois. [Emmanuel Macron] leur répond : Haut conseil pour le climat. C’est le comble du cynisme, la quintessence du mépris », a dénoncé la porte-parole des Républicains Laurence Saillet. Jean-Luc Mélenchon a lui annoncé qu’il boycottera le discours d’Emmanuel Macron devant le conseil national de la transition écologique ce mardi.