«Gilets jaunes»: Pour répondre à la fronde, Emmanuel Macron veut un «pacte social»

BLOCAGES  Le chef de l'Etat compte aussi s'appuyer sur la création d'un «Haut Conseil pour le climat» qu'il installera officiellement mardi...

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron le 3 octobre 2018, à Paris.
Emmanuel Macron le 3 octobre 2018, à Paris. — Regis Duvignau/AP/SIPA

Si Emmanuel Macron ne s’est pas encore adressé directement aux «gilets jaunes», qui ont mené samedi leur deuxième grande journée de protestation, l'Elysée a d'ores et déjà annoncé vouloir garder le cap de la transition écologique, mais avec un « pacte social » d’accompagnement. Ces mesures, détaillées ce lundi en Conseil des ministres, seront présentées mardi par le chef de l’Etat.

Les « gilets jaunes » ont mené, samedi, leur deuxième grande journée de protestation contre la hausse des carburants et le manque de pouvoir d’achat. Comme le reste de l’exécutif, Emmanuel Macron a dénoncé les violences dont les images sur les Champs-Elysées ont fait le tour du monde, et jeté la « honte » sur ceux qui ont « agressé » les forces de l’ordre et « violenté d’autres citoyens ».

« Un acte 3, Macron démissionne »

Mais le chef de l'Etat l’a reconnu dimanche à Bruxelles : « Il n’y a pas de projet de société et il n’y a pas de projet politique - au niveau national et européen - si nous n’apportons pas une réponse claire à nos classes moyennes et à nos classes laborieuses ». Or, « manifestement, on a loupé quelque chose dans l’explication de la taxe carbone », a déclaré le ministre de l’Action et des comptes publics Gérald Darmanin.

De fait, même si la mobilisation dans la rue a faibli, ils étaient encore plus de 100.000 « gilets jaunes » à manifester samedi et certains ont déjà créé un évènement sur Facebook appelant à «un acte 3 Macron démissionne». Le président veut, lui, renouer le dialogue et profiter de la présentation mardi de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) jusqu’en 2028, pour « redonner le cap pour ce qui est de la transition énergétique ». Et il « va donner une nouvelle méthode pour que cette transition soit la plus juste possible », a expliqué une porte-parole de l’Elysée.

Réhabiliter les « transports du quotidien »

Son idée : « construire un pacte social de la transition écologique » qui repose sur deux éléments : mobiliser les corps intermédiaires (associations, syndicats etc) et mobiliser directement les Français « par le biais d’un tour de France » pour associer les acteurs locaux. Certaines mesures d’accompagnement ont déjà été annoncées par le gouvernement, comme l’élargissement du chèque énergie ou encore la super prime à la conversion. D’autres dispositifs visant à favoriser les transports moins polluants devraient être détaillés dès lundi par la ministre des Transports Élisabeth Borne lors de la présentation de son projet de loi d’orientation pour la mobilité (LOM).

L’objectif du texte est de réhabiliter les « transports du quotidien », négligés ces dernières années au bénéfice du « tout TGV » qui a « poussé au tout voiture beaucoup de nos concitoyens, laissés sans autres moyens de se déplacer », a-t-elle dit dimanche. En attendant, le gouvernement a préféré exclure les péages urbains du projet de loi, faute de villes candidates et pour ne pas « accentuer les fractures entre territoires », a indiqué dimanche le ministère.

Un « énième comité » pour l’opposition

Emmanuel Macron compte aussi s’appuyer sur la création d'un «Haut Conseil pour le climat» qu’il installera officiellement mardi, a expliqué l’Elysée. Composés de 13 experts et scientifiques, il doit s’assurer que le cap de la dette carbone est bien tenu, selon cette source. Laurence Tubiana, ex-négociatrice pour la France lors de la COP21, Pascal Canfin, directeur général de WWF France, et des personnalités du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) en font partie.

Les élites parisiennes « parlent de fin du monde quand nous, on parle de fin du mois », résumait un « gilet jaune », déplorant la surdité de l’exécutif face à ceux qui ont du mal à boucler les fins de mois. D’autres ont dénoncé un « énième comité » ou « comité Théodule » inutile qui, selon le directeur général Greenpeace France, Jean-François Julliard, ne permet pas de mettre en place des solutions déjà connues.