A Florange, Mélenchon soutient les métallos... et des «gilets jaunes»

MOBILISATION Jean-Luc Mélenchon est aussi venu tenter de redorer une cote de popularité en baisse depuis l’épisode des perquisitions à son domicile et au siège de LFI…

20 Minutes avec AFP

— 

Jean-Luc Mélenchon, le 18 juin 2017 à Marseille.
Jean-Luc Mélenchon, le 18 juin 2017 à Marseille. — Claude Paris/AP/SIPA

Alors qu’il était venu marcher aux côtés des ouvriers métallurgistes de Florange, ce vendredi en Moselle, Jean-Luc Mélenchon, le président de La France insoumise, a également apporté son soutien aux « gilets jaunes ».

« Je pense que samedi va être une énorme journée, une mobilisation énorme. Il se passe vraiment quelque chose en profondeur dans le pays », a estimé le chef de file de La France insoumise (LFI) en marge de cette « Marche pour l’acier ». Jean-Luc Mélenchon s’est ensuite adressé au président Emmanuel Macron, trouvant une solution à la colère des Français : « Je vais lui dire, vous avez une solution sous la main : c’est l’impôt sur la fortune. Vous n’avez qu’à le rétablir, ça s’appelait impôt de solidarité sur la fortune, c’est le moment de faire de la solidarité puisqu’il y a des fortunes ».

« Renoncer à cette taxe carburant c’est le point de départ »

L’Elysée a fait savoir jeudi soir qu’Emmanuel Macron allait annoncer de nouvelles mesures mardi pour répondre aux revendications des « gilets jaunes ». « Si samedi c’est massif, il est vraisemblable qu’il sera obligé de trouver une issue de secours, estime encore Jean-Luc Mélenchon. Il vaut mieux. Renoncer à cette taxe carburant c’est le point de départ. Plus il attend, plus les gens ont des idées dans la tête. Ils sont là, ils sont entre eux et se disent : "ça non plus ça va pas" ».

Jean-Luc Mélenchon est aussi venu tenter de redorer une cote de popularité en baisse depuis l’épisode des perquisitions à son domicile et au siège de LFI. Les manifestants ont défilé entre Hayange et Florange pour demander la réouverture des hauts-fourneaux d’Arcelor-Mittal. « Le sens d’une journée comme ça pour moi, c’est un soutien aux métallos de cette vallée et puis une forme de protestation contre un "je-m’en-foutisme" gouvernemental à l’égard des industries », explique encore Jean-Luc Mélenchon.

« Je-m’en-foutisme gouvernemental »

Les hauts fourneaux de Florange ont été « mis sous cocon » en novembre 2012, c’est-à-dire arrêtés mais maintenus en l’état, pour une durée de six ans. La période arrive à échéance le 30 novembre, date à laquelle Arcelor-Mittal doit décider leur redémarrage, ou non.

« On peut toujours faire des phrases sur la transition écologique, si vous êtes incapable de produire des aciers, des pales, des machines qui vous permettent d’installer des hydroliennes, des éoliennes… La France a impérativement besoin d’une industrie forte et en particulier des matières premières qui la commandent, comme l’acier », reprend Jean-Luc Mélenchon. Pour les ouvriers métallurgistes de la région, toutes les conditions sont réunies pour relancer les hauts fourneaux historiques de Florange. Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a promis il y a un mois et demi « une table ronde de la sidérurgie, mais on est toujours dans l’expectative », regrette-t-il.